La Journée internationale de la démocratie est célébrée ce 15 septembre à travers le monde. En République démocratique du Congo, cette commémoration intervient dans un contexte marqué par les crises sécuritaires, les débats autour des libertés publiques et les interrogations sur la participation citoyenne ainsi que sur la confiance envers les institutions.
La liberté d’expression, le pluralisme politique, la protection des droits fondamentaux et la participation des citoyens constituent les principaux piliers d’un système démocratique. Mais dans les faits, quel est l’état de la démocratie congolaise ?
Pour Éric Kambale, analyste indépendant et chercheur, la démocratie congolaise reste confrontée à plusieurs défis, notamment en matière de respect des libertés publiques, de pluralisme politique et de participation effective des citoyens à la gestion de la chose publique.
« La démocratie ne doit pas seulement se limiter à l’organisation des élections. Elle doit aussi se traduire par le respect des libertés publiques, notamment la liberté d’expression, la liberté de manifestation et la liberté de la presse. Lorsqu’un citoyen, un acteur politique ou un journaliste ne peut pas exercer librement ses droits sans craindre des pressions ou des représailles, cela pose nécessairement des questions sur la qualité de la démocratie. Il faut donc renforcer les institutions, garantir l’égalité de tous devant la loi et créer un environnement dans lequel les citoyens peuvent participer pleinement à la vie publique », a expliqué Éric Kambale, analyste indépendant et chercheur.
L’analyste estime également que le renforcement de la démocratie passe par une plus grande implication de la population dans les affaires publiques. Selon lui, les citoyens ne devraient pas être considérés uniquement comme des électeurs pendant les périodes électorales, mais comme des acteurs permanents de la vie démocratique.
« La participation citoyenne doit être permanente. Le citoyen doit pouvoir s’exprimer, interpeller les dirigeants, contrôler l’action publique et contribuer aux décisions qui concernent la société. Cela suppose également que les acteurs politiques acceptent le débat contradictoire et que les médias puissent jouer librement leur rôle. Nous devons travailler à restaurer la confiance entre les citoyens et les institutions, parce qu’une démocratie solide repose avant tout sur des institutions crédibles, le respect des droits et la possibilité pour chacun de participer sans intimidation », a ajouté Éric Kambale.
Pour cet analyste, la Journée internationale de la démocratie constitue ainsi une occasion de réfléchir non seulement aux acquis démocratiques de la RDC, mais aussi aux efforts qui restent à consentir pour consolider les libertés, renforcer les institutions et favoriser une participation citoyenne plus effective.
Salomon Kwiraviwe depuis Goma