Trois des quatre humanitaires de l’institution financière Le Palmier Beni, tués en mai 2025 en Ituri, ont été rapatriés de Bunia vers Beni, dans le Nord-Kivu, jeudi 11 septembre 2026. Leurs dépouilles ont été récupérées par leurs familles après plus d’une année d’attente. Le quatrième corps reste encore à Bunia.
Ces quatre humanitaires, qui travaillaient en collaboration avec l’ONG Solidarité, étaient en mission dans le territoire de Djugu pour convoyer des fonds destinés à l’assistance des personnes déplacées du site de Nyankunde. Ils avaient été attaqués sur l’axe Fataki–Iga-Barrière avant d’être tués. Leurs corps avaient ensuite été enterrés dans une fosse commune, avant leur découverte et leur exhumation le 23 août 2026 grâce aux recherches des services de défense et de sécurité, avec l’appui de la population locale.
Le général-major Mushimba a expliqué les circonstances de ce drame et souligne la nécessité de poursuivre les auteurs présumés afin qu’ils répondent de leurs actes. Les services de défense et de sécurité mettent notamment en cause Baraka Amos de Mabanga et attribuent la responsabilité des faits à Thomas Lubanga, présenté comme chef de file de la CRP.
« Nous avons mené des recherches qui ont permis de retrouver les dépouilles de ces quatre humanitaires, qui avaient été enterrées dans une fosse commune après leur assassinat. Leur exhumation a été rendue possible grâce au travail des services de défense et de sécurité, avec l’appui de la population. Il est important que les auteurs de ces forfaits soient identifiés et répondent de leurs actes devant la justice, car nous ne pouvons pas laisser de tels crimes impunis », a expliqué le général-major Mushimba.
Parmi les victimes, trois étaient originaires du Nord-Kivu et issues de la communauté Yira, tandis que la quatrième était originaire de la chefferie de Baboa-Bokoe, dans le territoire d’Irumu, en Ituri.

Le général major Mushimba avec les memres du corps armé avant le rapatriement des corps
La communauté Yira salue le travail réalisé pour retrouver les dépouilles, mais appelle la justice militaire à poursuivre la procédure contre les personnes mises en cause dans ce dossier.
« Nous saluons les efforts des services de défense et de sécurité qui ont permis de retrouver les dépouilles de nos frères et de les ramener auprès de leurs familles. Mais nous demandons que ce travail soit accompagné par la justice. Les personnes qui ont commis ces crimes doivent être arrêtées, jugées et, si leur culpabilité est établie, condamnées conformément à la loi. C’est de cette manière que nous pouvons rendre justice aux victimes et continuer à construire le vivre-ensemble entre les différentes communautés en Ituri », demande Mfalme Ezekias, représentant de la communauté Yira.
Le rapatriement de trois dépouilles apporte ainsi un soulagement aux familles qui attendaient depuis plus d’une année de pouvoir leur rendre les derniers hommages. La communauté Yira attend désormais que la procédure judiciaire fasse toute la lumière sur ce drame et que les responsabilités soient établies.
Jolie Palmer, depuis l’Ituri.