La riposte contre la maladie à virus Ebola en Ituri mise de plus en plus sur l’implication directe des communautés. À Bunia, les acteurs engagés dans la riposte non médicale réfléchissent aux mécanismes susceptibles de renforcer la confiance de la population, de combattre les rumeurs et de favoriser l’adhésion aux mesures de prévention. Cette approche intervient alors que la lutte contre Ebola ne repose pas uniquement sur les interventions médicales, mais également sur la capacité des communautés à comprendre les risques, à adopter les comportements recommandés et à collaborer avec les équipes de riposte.
Dans cette dynamique, près de 2 000 personnes ont été sensibilisées du 12 au 15 août 2026 sur les mesures de prévention contre Ebola dans plusieurs zones des territoires d’Irumu et de Djugu, notamment sur les axes Miala/Telega, Balingina/Sota et Tchomia. Cette campagne s’inscrit dans le cadre du projet d’appui à l’engagement communautaire du P-DDRCS, mis en œuvre par l’ONG HPD, en collaboration avec RAD ASBL, avec l’appui financier de la Section DDRS de la MONUSCO.
L’une des particularités de cette initiative réside dans la mobilisation des acteurs communautaires eux-mêmes. Au total, 97 acteurs locaux, parmi lesquels 45 leaders communautaires et 52 ex-combattants, ont été formés sur les principaux messages de prévention contre Ebola. Ces derniers sont appelés à jouer le rôle de relais auprès des populations, notamment en facilitant la transmission des informations fiables, en répondant aux préoccupations des habitants et en contribuant au dialogue entre les communautés et les équipes de riposte.
Les organisateurs considèrent cette implication comme un élément essentiel pour réduire la méfiance et lutter contre les fausses informations susceptibles de compliquer la riposte. Dans plusieurs communautés, les rumeurs peuvent en effet influencer la perception de la maladie et conduire certaines personnes à adopter des comportements qui augmentent les risques de transmission.
Les séances de sensibilisation ont notamment été organisées dans des marchés, des églises et des parkings de taximen, afin d’atteindre directement les populations dans leurs lieux de rassemblement et d’activités quotidiennes. Cette stratégie vise à rapprocher les messages de prévention des habitants et à permettre des échanges directs autour de leurs préoccupations.
Parallèlement, des points focaux chargés du suivi des rumeurs et fausses informations liées à Ebola ont été mis en place dans les zones ciblées. Leur mission consiste notamment à identifier les informations qui circulent au sein des communautés, à favoriser leur vérification et à contribuer à la diffusion de messages appropriés afin d’éviter que les rumeurs ne prennent le dessus sur les informations sanitaires fiables.
La campagne s’est également appuyée sur les radios communautaires, considérées comme des outils importants pour atteindre les populations au-delà des activités de proximité. Quatre émissions radiophoniques ont ainsi été réalisées dans les zones ciblées afin de renforcer la sensibilisation et d’élargir la diffusion des messages de prévention.
Pour les acteurs de cette campagne, la lutte contre Ebola doit donc être comprise comme une responsabilité partagée entre les professionnels de santé, les autorités, les organisations impliquées dans la riposte et les communautés elles-mêmes. L’information, l’écoute et la confiance constituent des éléments déterminants pour favoriser l’adoption des mesures de prévention et permettre une détection rapide des situations suspectes.
L’implication des ex-combattants dans cette stratégie traduit également la volonté d’utiliser des acteurs disposant d’une connaissance du terrain et capables de dialoguer avec certaines communautés. Formés sur les messages de prévention, ils sont appelés à devenir des relais afin de contribuer à la sensibilisation et à la remontée des préoccupations de la population.
À travers cette approche, le P-DDRCS et ses partenaires cherchent à renforcer l’adhésion communautaire à la riposte contre Ebola, mais également à créer un environnement dans lequel les populations peuvent poser leurs questions, exprimer leurs inquiétudes et obtenir des informations fiables.
L’objectif final reste de briser les chaînes de transmission en combinant les interventions médicales avec une mobilisation communautaire durable. Dans les territoires d’Irumu et de Djugu comme dans le reste de l’Ituri, les acteurs de la riposte appellent ainsi les communautés à rester vigilantes, à privilégier les informations provenant de sources fiables et à collaborer avec les équipes engagées dans la lutte contre la maladie.
Reportage : Jolie Sekuye Palmer, depuis l'Ituri