La situation humanitaire demeure préoccupante dans la province de l’Ituri, où les besoins des populations vulnérables continuent de s’accroître alors que les financements destinés à la réponse humanitaire connaissent une baisse importante. À l’occasion de la Journée mondiale de l’aide humanitaire, célébrée ce mercredi 19 août 2026, le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies, OCHA, tire la sonnette d’alarme sur les difficultés auxquelles sont confrontés les acteurs humanitaires dans la province.
Selon l’OCHA, la diminution des ressources financières disponibles intervient dans un contexte particulièrement difficile, marqué par la persistance de besoins importants parmi les populations affectées par les crises sécuritaires et humanitaires. Cette situation réduit les capacités des organisations à répondre efficacement et durablement aux différentes urgences.
Dans plusieurs territoires de l’Ituri, des milliers de familles restent confrontées aux conséquences des violences, des déplacements et de la fragilisation de leurs moyens de subsistance. Pour ces populations, l’accès à l’alimentation, aux soins de santé, à l’eau potable, à l’abri et à d’autres services essentiels demeure une préoccupation quotidienne.
La réduction des financements risque ainsi d’avoir des conséquences directes sur la continuité de certaines interventions humanitaires. Lorsque les ressources diminuent alors que le nombre de personnes ayant besoin d’assistance reste élevé, les organisations sont contraintes de faire des choix difficiles quant aux secteurs et aux bénéficiaires prioritaires.
Franck Lasmani, chef du sous-bureau de l’OCHA à Bunia, souligne que cette baisse des financements est venue fragiliser davantage une réponse humanitaire déjà confrontée à d’importantes contraintes opérationnelles.
Pour les acteurs humanitaires, la situation appelle donc à une mobilisation accrue des partenaires et des bailleurs afin d’éviter une détérioration supplémentaire des conditions de vie des personnes les plus vulnérables.
« La réduction des financements humanitaires est venue fragiliser davantage la réponse aux besoins des populations en Ituri », souligne Franck Lasmani, chef du sous-bureau de l’OCHA à Bunia.
Cette réalité est particulièrement préoccupante au regard du nombre de personnes nécessitant une assistance. Environ 1,6 million de personnes vulnérables seraient actuellement confrontées à des besoins importants dans la province, notamment dans le domaine de l’alimentation et de l’assistance humanitaire.
Derrière ce chiffre se trouvent des familles qui dépendent parfois directement de l’aide extérieure pour répondre à leurs besoins essentiels. Les difficultés d’accès à la nourriture constituent notamment une préoccupation majeure dans plusieurs zones affectées par les déplacements et l’insécurité.
La situation alimentaire est également liée à la capacité des ménages à accéder à leurs moyens habituels de subsistance. Les déplacements forcés peuvent priver les familles de leurs terres agricoles, de leurs activités commerciales et de leurs sources de revenus, augmentant ainsi leur dépendance à l’aide humanitaire.
À cela s’ajoutent les besoins dans d’autres secteurs, notamment la santé, l’eau, l’assainissement, la protection et l’éducation. La diminution des financements peut donc avoir un effet transversal sur la réponse humanitaire et réduire la capacité des acteurs à couvrir simultanément l’ensemble de ces besoins.
La Journée mondiale de l’aide humanitaire constitue ainsi une occasion de rappeler que l’action des travailleurs humanitaires reste indispensable dans les zones affectées par les crises. Elle permet également de mettre en lumière les difficultés rencontrées par ces acteurs, notamment lorsqu’ils doivent intervenir avec des moyens limités dans un contexte où les besoins ne cessent d’augmenter.
L’OCHA appelle, dans ce contexte, à une attention accrue sur la situation de l’Ituri. La mobilisation des ressources financières apparaît comme l’une des conditions nécessaires pour maintenir les programmes d’assistance et éviter que les populations les plus vulnérables ne soient davantage exposées aux conséquences de la crise.
La question du financement constitue donc aujourd’hui l’un des principaux défis de la réponse humanitaire en Ituri. L’enjeu n’est pas seulement de répondre aux urgences immédiates, mais également de maintenir des interventions capables d’aider les communautés à retrouver progressivement leur autonomie et leurs moyens de subsistance.
Alors que près de 1,6 million de personnes restent confrontées à d’importants besoins, le message des acteurs humanitaires est clair : la diminution des ressources intervient au moment où les populations ont plus que jamais besoin d’assistance.
Franck Lasmani, chef du sous-bureau de l’OCHA à Bunia, est au micro de Jolie Palmer.
Pendant ce temps, environ 1,6 million de personnes vulnérables sont confrontées à des besoins importants, notamment en matière d’alimentation et d’assistance humanitaire.
Reportage Jolie Palmer, depuis Bunia