À quelques jours de la rentrée scolaire 2026-2027, prévue le 1er septembre, l’inquiétude reste vive dans plusieurs zones du territoire de Mambasa, en Ituri. Des secteurs contrôlés ou menacés par des groupes armés, notamment les combattants ADF, connaissent une situation sécuritaire qui compromet les préparatifs de la reprise des cours. À cette menace s’ajoutent les déplacements de populations. Plusieurs familles ayant fui les violences se retrouvent dans des conditions précaires, tandis que certaines écoles sont occupées par des déplacés, réduisant les capacités d’accueil des établissements scolaires à l’approche de la nouvelle année académique.
Face à cette situation, l’APDF sollicite une assistance humanitaire en faveur des familles déplacées, particulièrement pour les enfants dont la scolarité risque d’être davantage perturbée par la crise. L’organisation appelle à une intervention rapide afin de répondre aux besoins essentiels de ces populations vulnérables et de favoriser le retour des enfants à l’école.

Ram's Malikidogo
Pour les acteurs locaux, la priorité reste cependant le rétablissement de la paix et de la sécurité. Ram's Malikidogo estime qu’une rentrée scolaire normale ne pourra être garantie dans les zones affectées sans une amélioration durable de la situation sécuritaire. Il appelle ainsi les autorités et les autres parties prenantes à tout mettre en œuvre pour imposer la paix et permettre aux enfants de retrouver le chemin de l’école.
« Nous sommes très préoccupés par la situation qui prévaut dans plusieurs parties du territoire de Mambasa à l’approche de la rentrée scolaire. Lorsque les populations sont obligées de fuir leurs villages à cause des groupes armés, ce sont particulièrement les enfants qui paient le prix de cette insécurité. Certains ne savent même pas où ils vont pouvoir étudier, alors que dans plusieurs endroits, les écoles sont occupées par des familles déplacées. Nous demandons donc aux autorités et aux organisations humanitaires de venir en aide à ces familles, avec une attention particulière aux enfants. Mais au-delà de l’assistance humanitaire, il faut surtout travailler pour imposer la paix. Nous ne pouvons pas prétendre organiser une rentrée scolaire normale dans des zones où les parents ont peur d’envoyer leurs enfants à l’école, où les enseignants ne peuvent pas circuler librement et où certaines infrastructures scolaires sont occupées par des personnes qui ont fui les violences. La sécurité doit donc être une priorité. Nous appelons les autorités à renforcer les mécanismes permettant de sécuriser les communautés et de créer les conditions nécessaires au retour des populations dans leurs milieux d’origine. C’est seulement dans un environnement sécurisé que les enfants pourront reprendre les cours normalement et poursuivre leur éducation sans interruption. Nous ne devons pas laisser cette situation compromettre davantage l’avenir de toute une génération d’enfants à Mambasa », plaide Ram's Malikidogo.
L’APDF et les acteurs locaux demandent ainsi une réponse qui combine assistance humanitaire aux populations déplacées et renforcement de la sécurité dans les zones affectées. Ils estiment que la protection des enfants et la continuité de leur éducation doivent rester au cœur des priorités à l’approche de cette rentrée scolaire.
Jolie Palmer, depuis Bunia