Les sites de déplacés de Kigonze et de l'Institut supérieur pédagogique (ISP) de Bunia pourraient être délocalisés en dehors de la ville, pour des raisons sécuritaires. L'information a été rapportée par des responsables communautaires hema et lendu, à l'issue d'un échange avec le gouverneur militaire de l'Ituri, le général-major Gaby Kasongo Mulumba. Aucune confirmation officielle de cette option n'a été communiquée à ce stade.
Selon Jean-Claude Ngadjole, vice-coordonnateur du Groupe d'interaction intercommunautaire pour la pacification et la paix (GIIPP), le gouverneur leur aurait indiqué que les déplacés ayant quitté le site de Kigonze à la suite des récents incidents ne devraient plus y retourner. L'autorité provinciale envisagerait par ailleurs la fermeture du site de l'ISP/Bunia, ainsi que le transfert des personnes déplacées vers d'autres sites situés en dehors de la ville.
« Au cours de notre échange avec le gouverneur militaire, il nous a fait comprendre que les déplacés qui ont quitté le site de Kigonze après les derniers incidents ne devraient plus y retourner. Il a également évoqué la possibilité de fermer le site de l'ISP/Bunia et de reloger les déplacés vers d'autres sites, en dehors de la ville. Ce sont des raisons sécuritaires qui motivent cette réflexion. Nous, responsables communautaires, avons pris acte de ces informations et attendons de voir comment les choses vont évoluer », a déclaré Jean-Claude Ngadjole.
Ces annonces suscitent de nombreuses interrogations sur le sort des milliers de personnes qui vivent dans ces sites, déjà éprouvées par le déplacement. Les modalités d'une éventuelle délocalisation, notamment le calendrier, les sites d'accueil et l'accompagnement humanitaire prévu, n'ont pas été précisées.
Cette perspective intervient dans le sillage des récentes violences survenues dans la nuit du dimanche 20 septembre 2026, entre 3 heures et 4 heures du matin, au site de déplacés de Kigonze, à Bunia. Ces incidents avaient provoqué un mouvement de panique et le départ de plusieurs personnes déplacées du site.
Pour les familles concernées, l'enjeu est désormais de savoir où elles seront accueillies et dans quelles conditions, alors que la sécurité des sites de déplacés demeure une préoccupation majeure dans la ville de Bunia.
Jolie Palmer, depuis Bunia