En Ituri, la Société civile Forces vives s’inquiète de la non-application de la gratuité des soins annoncée par le gouvernement dans les zones affectées par l’épidémie de la maladie à virus Ebola. Cette structure citoyenne appelle le ministre de la Santé à clarifier la situation et à accélérer la mise en œuvre de cette mesure, estimant que les populations déjà éprouvées par l’épidémie risquent d’être davantage pénalisées par les difficultés d’accès aux soins.
La question de l’accès gratuit aux soins dans les zones touchées par Ebola suscite des interrogations au sein de la Société civile Forces vives de l’Ituri. Cette organisation déplore le décalage entre l’annonce faite par le gouvernement et la réalité vécue par les communautés concernées.
Pour cette structure citoyenne, l’accès aux soins constitue pourtant un élément important de la riposte contre l’épidémie. Elle estime que les difficultés financières auxquelles font face plusieurs familles peuvent notamment les décourager de fréquenter les structures sanitaires ou retarder leur recours aux soins.
La Société civile Forces vives demande ainsi au ministère de la Santé de faire toute la lumière sur les raisons de cette situation et de prendre les dispositions nécessaires pour rendre effective la gratuité annoncée.
« Nous interpellons le ministre de la Santé parce que la population attend toujours la mise en application effective de la gratuité des soins qui avait été annoncée pour les zones touchées par l’épidémie d’Ebola. Nous ne comprenons pas pourquoi, jusqu’à présent, cette mesure n’est pas encore réellement ressentie par les communautés concernées. Les populations de l’Ituri sont déjà confrontées aux conséquences de cette maladie et à plusieurs difficultés sociales et économiques. Il n’est donc pas normal qu’elles soient encore davantage pénalisées par les frais de soins. Nous demandons au gouvernement de clarifier cette situation et de prendre des mesures urgentes afin que la gratuité annoncée puisse devenir une réalité dans les zones affectées », déclare Dieudonné Lossa, coordonnateur de la Société civile Forces vives de l’Ituri, dans des propos recueillis par Jolie Palmer pour la RTEE Kivu.
Cette organisation appelle par ailleurs les autorités sanitaires à renforcer le suivi des mesures annoncées dans le cadre de la riposte. Pour elle, les communautés doivent pouvoir bénéficier d’un accompagnement sanitaire correspondant à l’ampleur des risques auxquels elles sont exposées.
La Société civile Forces vives estime enfin que la gratuité des soins pourrait contribuer à renforcer la confiance de la population envers le système de santé et favoriser une meilleure collaboration avec les équipes engagées dans la lutte contre Ebola.
Jolie Palmer, pour la RTEE Kivu.