La lutte contre la maladie à virus Ebola fait face à un nouveau défi de confiance communautaire dans le territoire d’Irumu. Une vive tension a éclaté ce lundi à Mungamba, après l’arrivée d’une équipe engagée dans la riposte contre Ebola sur le lieu de deuil de Guillaume Kakoti, membre de la Croix-Rouge locale, décédé des suites d’une maladie. Alors que la famille préparait la dépouille dans le cadre des obsèques, une délégation du Comité international de la Croix-Rouge, CICR, venue de Komanda, accompagnée de membres de la riposte contre Ebola, s’est présentée sur le lieu du deuil.
Cette présence a immédiatement suscité des réactions au sein d’une partie de la population, jusqu’à provoquer des jets de pierres contraignant les membres de la délégation à quitter les lieux.

Selon les informations recueillies sur place, la situation s’est rapidement tendue après l’arrivée de l’équipe de la riposte. Une partie de la population présente sur le lieu du deuil aurait manifesté son opposition à cette présence, dans un contexte où les questions liées à la manipulation et à la gestion des dépouilles restent particulièrement sensibles.
Face à la montée de la tension, les équipes de la riposte et la délégation du CICR ont finalement quitté les lieux.
« La présence de cette équipe sur le lieu du deuil a provoqué une réaction immédiate d’une partie de la population. Alors que la famille était occupée à préparer la dépouille de Guillaume Kakoti, la délégation du CICR de Komanda est arrivée avec une équipe engagée dans la riposte contre Ebola. La situation est rapidement devenue tendue et les membres de la délégation ont été contraints de quitter les lieux sous des jets de pierres. Après leur départ, le calme est progressivement revenu dans la zone, même si la tension est restée perceptible pendant un certain temps », rapporte la situation constatée à Mungamba.
Au-delà de cet incident, cette situation relance plusieurs interrogations au sein de la communauté locale. Des habitants cherchent notamment à comprendre les raisons précises de la présence de l’équipe de riposte sur ce lieu de deuil ainsi que le rôle joué par la Croix-Rouge locale dans les activités liées à la riposte contre Ebola. Aucune information ne fait état, pour l’instant, de blessés ou de dégâts majeurs consécutifs à l’incident. Les véhicules de la CICR-Komanda ont également quitté la zone sans autre incident.
« Après le départ de la délégation, la situation s’est progressivement apaisée et aucun nouvel incident majeur n’a été signalé. Mais cet événement montre une nouvelle fois l’importance de la communication avec les communautés dans le cadre de la riposte contre Ebola. Dans une situation épidémique, la confiance de la population reste essentielle. Toute intervention qui concerne les familles endeuillées ou la gestion des dépouilles doit pouvoir être expliquée clairement afin d’éviter les incompréhensions et les réactions de rejet. Les interrogations exprimées à Mungamba méritent donc des réponses afin de préserver la collaboration entre la population et les équipes engagées dans la riposte », souligne le constat fait après l’incident.
Pour l’heure, aucune réaction officielle des responsables de la riposte ou de la délégation du CICR concernant les circonstances exactes de leur présence sur le lieu du deuil n’a été signalée. La situation reste néanmoins suivie de près dans cette partie du territoire d’Irumu, alors que les acteurs sanitaires considèrent l’adhésion communautaire comme un élément déterminant pour contenir la propagation de la maladie à virus Ebola.
L’incident de Mungamba intervient ainsi dans un contexte où la riposte sanitaire doit composer non seulement avec les défis médicaux, mais aussi avec les incompréhensions et les réticences d’une partie de la population. Le renforcement du dialogue avec les communautés apparaît dès lors comme un enjeu majeur pour éviter que de nouveaux incidents ne viennent perturber les opérations de lutte contre Ebola.
Reportage Jolie Palmer, de retour de Mungamba