La capacité opérationnelle de la riposte contre la maladie à virus Ebola continue de susciter des interrogations dans plusieurs zones touchées de la province de l'Ituri. À Iga Barrière, les populations de Nizi, Lopa et Iga Barrière expriment leurs préoccupations face aux difficultés de prise en charge des personnes affectées par l'épidémie.
À l'issue d'une série d'échanges avec les communautés locales, l'acteur de la société civile Dieudonné Lossa estime que les insuffisances observées sur le terrain risquent d'affaiblir la confiance de la population envers les équipes de riposte. Selon lui, les habitants s'interrogent sur les moyens réellement déployés pour lutter contre l'épidémie. Plusieurs membres des communautés dénoncent notamment les difficultés d'accès aux soins, le manque de capacités d'accueil dans certaines structures sanitaires ainsi que les lenteurs constatées dans la prise en charge des personnes présentant des signes compatibles avec Ebola.
« De quelle riposte parle-t-on, si elle n'est même pas capable de prendre en charge une quarantaine de personnes dans une seule zone de santé ? Cette question revient avec insistance dans les communautés que nous avons rencontrées. Les populations veulent des réponses concrètes, des structures fonctionnelles, du personnel suffisant et des moyens adaptés. Une riposte efficace ne peut pas se limiter aux sensibilisations ; elle doit aussi garantir une prise en charge rapide et digne de tous les malades », a déclaré Dieudonné Lossa.
L'acteur de la société civile estime que le renforcement de la confiance entre les populations et les équipes sanitaires passe par une amélioration des capacités opérationnelles sur le terrain. Il appelle les autorités sanitaires, les partenaires techniques et les organisations impliquées dans la lutte contre Ebola à mobiliser davantage de ressources afin de répondre efficacement aux besoins des communautés. Il insiste également sur la nécessité d'associer davantage les leaders communautaires aux différentes stratégies de riposte afin de favoriser une meilleure adhésion de la population aux mesures de prévention et de contrôle de la maladie.
« Les communautés sont disposées à collaborer avec les équipes sanitaires, mais elles attendent des résultats visibles. Il faut renforcer les centres de traitement, améliorer les conditions de prise en charge, assurer la disponibilité des médicaments et des équipements de protection, tout en maintenant un dialogue permanent avec les populations. Sans cette confiance mutuelle, il sera difficile de contrôler durablement l'épidémie », a-t-il ajouté.
Alors que la vigilance reste de mise face à l'évolution de la maladie à virus Ebola dans l'Est de la République démocratique du Congo, plusieurs acteurs locaux appellent à une riposte plus efficace, mieux coordonnée et davantage centrée sur les besoins réels des populations affectées.
Jolie Palmer depuis l’Ituri