Le procès opposant l’ancien gouverneur du Haut-Katanga, Jacques Kyabula, à son ancien ministre provincial des Mines, Georges Mawine, prend une nouvelle tournure devant le tribunal de paix de Lubumbashi/Kampemba. Débutée le 27 juillet dernier, cette affaire était de nouveau à la barre ce lundi 10 août 2026 pour sa deuxième journée d’audience. Au cœur des débats, une exception d’inconstitutionnalité soulevée par la partie Mawine, qui conteste notamment les conditions dans lesquelles il a été cité à comparaître avec une ordonnance abréviative de délai. Jacques Kyabula poursuit son ancien ministre pour diffamation et dénonciation calomnieuse dans les médias et sur les réseaux sociaux. De son côté, Georges Mawine estime que la procédure engagée contre lui porte atteinte aux droits que lui garantit la Constitution et demande au tribunal d’examiner la question de constitutionnalité soulevée par sa défense.
Selon les éléments présentés dans le cadre de cette audience, la partie Mawine conteste notamment le recours à une ordonnance abréviative de délai pour une infraction dont la peine encourue serait de cinq ans. Elle estime que les conditions dans lesquelles la citation à comparaître a été délivrée n’auraient pas respecté les garanties constitutionnelles reconnues à la personne poursuivie. La défense de Georges Mawine a ainsi saisi le tribunal d’une requête en inconstitutionnalité, estimant que la procédure suivie dans cette affaire nécessite un examen au regard des droits fondamentaux garantis par la Constitution. À l’issue de l’audience, Georges Mawine s’est exprimé sur cette procédure et a vivement critiqué le procès qui l’oppose à son ancien supérieur hiérarchique.
« Pour moi, ce procès est un procès de la honte. Nous devons nous demander quel message nous sommes en train de transmettre à la génération future lorsque nous voyons un ancien gouverneur traduire en justice son ancien ministre. Je ne pense pas que ce soit un exemple que nous devons laisser à ceux qui vont nous succéder. Au-delà de ma personne et de celle de Jacques Kyabula, il y a une question de principe et de respect des règles de droit. Lorsque quelqu’un est poursuivi, il doit pouvoir bénéficier pleinement des garanties que lui reconnaît la Constitution. C’est dans ce cadre que nous avons soulevé cette exception d’inconstitutionnalité, parce que nous estimons que la procédure utilisée contre moi porte atteinte à certains de mes droits », a déclaré Georges Mawine, ancien ministre provincial des Mines du Haut-Katanga, au micro de notre permanent à Lubumbashi, Dédé ROY.
La partie poursuivie maintient ainsi sa contestation de la procédure, alors que l’affaire porte sur des propos qui auraient été tenus par Georges Mawine dans les médias et sur les réseaux sociaux. Jacques Kyabula, ancien gouverneur du Haut-Katanga, l’accuse de diffamation et de dénonciation calomnieuse et a choisi la voie de la citation directe devant le tribunal de paix de Lubumbashi/Kampemba. L’affaire se retrouve désormais au croisement d’un contentieux judiciaire et d’un débat sur les garanties constitutionnelles accordées aux justiciables.
« Nous sommes devant la justice et nous allons continuer à défendre nos droits dans le strict respect de la loi. Ce que nous demandons, c’est que la procédure soit examinée avec rigueur et que les garanties constitutionnelles soient respectées. Je le répète, je considère cette affaire comme un mauvais exemple pour notre société. La génération future doit apprendre que les différends entre responsables publics doivent être réglés dans le respect des institutions et de la justice, et non dans une logique qui peut donner l’impression que la fonction ou les anciennes responsabilités deviennent un moyen de régler des comptes. Nous attendons donc que la justice puisse se prononcer sur notre requête et que le droit soit dit en toute indépendance », a ajouté Georges Mawine, ancien ministre provincial des Mines du Haut-Katanga, au micro de Dédé ROY.
Les débats devraient ainsi se poursuivre autour de cette exception d’inconstitutionnalité, alors que le fond du dossier concerne les accusations de diffamation et de dénonciation calomnieuse formulées par Jacques Kyabula contre son ancien ministre.
L’affaire continue d’attirer l’attention dans la province du Haut-Katanga, en raison notamment du profil des deux protagonistes, tous deux anciens responsables de l’exécutif provincial. Le tribunal de paix de Lubumbashi/Kampemba est désormais appelé à examiner les différentes questions soulevées par les parties avant la poursuite de la procédure.
DÉDÉ ROY, depuis Lubumbashi