Haut-Katanga : Éric Muta Ndala notable de Kipushi dénonce le non-respect des engagements de KICO envers la communauté locale

Haut-Katanga : Éric Muta Ndala notable de Kipushi dénonce le non-respect des engagements de KICO envers la communauté locale

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Ghislain Lukambo

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À Kipushi, des voix s’élèvent pour dénoncer ce qui est présenté comme un changement d’orientation de l’entreprise minière KICO par rapport aux engagements pris envers la communauté locale. Éric Muta Ndala, ministre provincial honoraire de l’Intérieur du Haut-Katanga et notable de Kipushi, déplore notamment la faible employabilité de la main-d’œuvre locale et l’accès limité des jeunes entrepreneurs aux marchés de l’entreprise. Il appelle à une amélioration des relations entre KICO et la communauté de Kipushi.

La relation entre l’entreprise minière KICO et la communauté de Kipushi fait l’objet de nouvelles préoccupations exprimées par certains acteurs locaux. Éric Muta Ndala, qui s’exprime en qualité de notable de Kipushi, estime que les engagements annoncés au début des activités de l’entreprise ne correspondent plus suffisamment à la réalité vécue aujourd’hui par une partie de la communauté.

Le notable dénonce notamment les difficultés rencontrées par les jeunes de Kipushi pour accéder aux opportunités d’emploi au sein de l’entreprise minière. Il évoque également la faible participation des entrepreneurs locaux aux marchés et aux activités économiques générés par l’exploitation minière.

Au micro de Dédé Roy, depuis Lubumbashi, Éric Muta Ndala regrette ce qu’il considère comme un éloignement entre les engagements initiaux de KICO et les attentes de la population locale.

« Nous constatons aujourd’hui un changement de fusil d’épaule de la part de KICO par rapport aux engagements qui avaient été pris dès le départ envers la communauté de Kipushi. Nous ne pouvons pas rester silencieux face à une situation où les jeunes de Kipushi, qui devraient être les premiers bénéficiaires des opportunités créées par cette entreprise, ont des difficultés à accéder à l’emploi. Il en est de même pour les jeunes entrepreneurs locaux qui attendent de pouvoir bénéficier des marchés et des contrats liés aux activités de l’entreprise. Nous estimons que les engagements pris envers la communauté doivent être respectés et que la population locale doit réellement sentir les retombées de l’activité minière. », déclare Éric Muta Ndala.

Pour ce notable, la question de l’employabilité locale constitue l’un des principaux points de tension entre la communauté et l’entreprise. Il estime que les jeunes de Kipushi doivent bénéficier davantage des possibilités professionnelles offertes par les activités minières, à condition bien entendu de répondre aux profils et aux compétences recherchés.

Éric Muta Ndala évoque également la nécessité d’accorder une place plus importante aux entreprises locales dans la chaîne de sous-traitance. Selon lui, les jeunes entrepreneurs de Kipushi devraient pouvoir accéder aux marchés susceptibles de contribuer au développement du tissu économique local.

Cette revendication intervient dans un contexte où l’exploitation minière est souvent présentée comme une source importante d’opportunités économiques pour les communautés vivant autour des sites d’exploitation. Le notable appelle donc à un dialogue plus approfondi entre l’entreprise et les représentants de la communauté afin de réduire les incompréhensions et de rechercher des solutions concrètes.

« Nous ne sommes pas contre KICO ni contre l’activité minière. Ce que nous demandons, c’est que les conditions de vie et les opportunités offertes aux jeunes de Kipushi soient améliorées. Il faut que la main-d’œuvre locale puisse avoir sa place dans l’entreprise et que les entrepreneurs locaux puissent également accéder aux marchés. Nous allons continuer à porter cette revendication jusqu’à ce qu’il y ait une amélioration réelle des conditions des jeunes de Kipushi, parce que la communauté ne peut pas rester simple spectatrice de l’exploitation de ses ressources. », insiste Éric Muta Ndala.

Le notable considère ainsi que l’amélioration des relations entre KICO et la communauté passe nécessairement par davantage d’opportunités économiques pour les habitants de Kipushi, particulièrement les jeunes. Il plaide pour des mécanismes permettant de renforcer l’emploi local, de faciliter l’accès des entrepreneurs locaux aux marchés et de favoriser une meilleure redistribution des retombées économiques de l’activité minière.

Pour l’heure, ces déclarations constituent la position exprimée par Éric Muta Ndala en sa qualité de notable de Kipushi. Une réponse de l’entreprise KICO sur ces différentes accusations permettrait de compléter le débat autour des engagements pris envers la communauté locale.

Dossier Dédé Roy, depuis Lubumbashi.

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