Des actrices de la société civile estiment que les engagements en faveur de l’égalité entre les hommes et les femmes doivent désormais se traduire par des actions concrètes dans les institutions et les espaces de décision.
Le débat autour de la masculinité positive et de la participation équitable des femmes dans les instances de décision continue de susciter des réactions dans la province du Haut-Katanga. Alors que le chef de l’État, Félix-Antoine Tshisekedi, encourage la promotion de la parité entre les hommes et les femmes à travers l’approche dite de la masculinité positive, plusieurs femmes leaders estiment que les avancées restent encore insuffisantes sur le terrain. Pour ces actrices engagées dans la défense des droits des femmes, les principes inscrits dans les textes légaux tardent encore à se traduire par une véritable représentation équilibrée dans les institutions publiques, les entreprises et les différents secteurs de la vie sociale.
Elles reconnaissent l’existence d’une volonté politique affichée en faveur de l’égalité des sexes, mais appellent à franchir une nouvelle étape consistant à garantir une application effective des engagements pris.
Selon elles, la parité 50-50 ne devrait pas rester un simple objectif théorique, mais devenir une réalité visible dans les espaces où se prennent les grandes décisions qui concernent l’avenir de la société.
« Nous saluons le discours porté par le chef de l’État sur la masculinité positive et la promotion de la femme, parce qu’il constitue une orientation importante pour changer les mentalités. Mais aujourd’hui, nous devons aller au-delà des déclarations d’intention. Les femmes représentent une grande partie de la population et elles ont les compétences nécessaires pour contribuer au développement du pays. Il est temps que les engagements contenus dans les textes soient réellement appliqués dans les faits, notamment dans les postes de responsabilité et dans les lieux de prise de décision. La parité ne doit pas seulement être un principe écrit dans les documents officiels, elle doit être visible dans la composition de nos institutions. », a déclaré une femme leader du Haut-Katanga.
Ces femmes leaders insistent également sur la nécessité d’impliquer davantage les hommes dans la promotion de l’égalité, estimant que la masculinité positive ne constitue pas une opposition aux hommes, mais plutôt une démarche visant à construire une société plus juste et inclusive. Elles appellent ainsi à renforcer la sensibilisation dans les familles, les écoles, les milieux professionnels et les communautés afin de combattre les stéréotypes qui limitent encore l’accès des femmes aux opportunités.
« La masculinité positive doit être comprise comme une responsabilité collective. Elle invite les hommes à accompagner les femmes, à reconnaître leurs capacités et à créer des espaces où chacun peut participer au développement sans discrimination. Nous avons besoin d’un changement profond des mentalités, car les obstacles ne sont pas uniquement institutionnels, ils sont aussi culturels et sociaux. Le rêve d’une société où les femmes et les hommes participent à égalité à la gestion de la chose publique nécessite des actes concrets, des politiques volontaristes et un engagement permanent de toutes les parties prenantes. », a ajouté une autre actrice engagée.
Dans le Haut-Katanga, les défenseures de l’égalité entre les sexes souhaitent ainsi voir une accélération des initiatives favorisant l’autonomisation des femmes et leur accès aux responsabilités. Pour elles, la réussite de la vision de la masculinité positive dépendra de la capacité des institutions et de la société à transformer les discours en résultats mesurables.
Dédé Roy, correspondant à Lubumbashi