La situation éducative devient de plus en plus préoccupante à Butembo, où plusieurs écoles publiques ont suspendu leurs activités depuis le lundi 13 avril 2026, en raison d’un mouvement de grève des enseignants. Ce mardi 14 avril, le constat reste alarmant : les portes des salles de classe sont restées hermétiquement fermées dans plusieurs établissements, notamment à EP Chaka Chaka, EP Matengezo, EP Kavaghendi, EP Nyamusiha et EP Chambuli, situées dans la vallée de Butembo.
Privés d’encadrement, des centaines d’élèves ont été contraints de rebrousser chemin, regagnant leurs domiciles sans aucune alternative pédagogique. Une situation qui suscite l’indignation du Parlement d’enfants de Butembo-Lubero.
Dans une interview accordée à la RTEE, son président intérimaire, Juress Maliro, dénonce une crise qui met en péril un droit fondamental : celui à l’éducation.
« Cette grève perturbe gravement le déroulement normal des cours. L’éducation est un droit fondamental pour chaque enfant et un pilier essentiel pour l’avenir de notre pays. Ignorer les préoccupations des enseignants, c’est compromettre toute une génération », a-t-il déclaré avec fermeté.
Pour ce jeune leader, la responsabilité du gouvernement est clairement engagée. Il insiste sur la nécessité de respecter les engagements pris envers les enseignants, afin d’éviter des interruptions répétées du calendrier scolaire.
« Le gouvernement doit satisfaire ses promesses envers tous les enseignants, et non privilégier une partie du secteur. Sinon, nous risquons d’assister à des perturbations prolongées dans plusieurs écoles publiques », a-t-il averti.
Face à cette situation d’incertitude, Juress Maliro lance également un appel aux parents, les invitant à renforcer leur vigilance, surtout lorsque les enfants rentrent plus tôt à la maison.
« Les parents doivent veiller davantage sur leurs enfants. Lorsqu’ils rentrent tôt, il est important de bien s’occuper d’eux, de suivre leurs activités et de les encadrer pour éviter toute dérive », a-t-il conseillé.
Pour le Parlement d’enfants, cette énième grève doit être interprétée comme un signal fort adressé aux autorités.
« Ce mouvement doit être considéré comme un signal d’alerte. Investir dans l’éducation, c’est investir dans l’avenir du pays », conclut Juress Maliro.
Dans un contexte déjà fragilisé par des défis socio-économiques, la paralysie du système éducatif à Butembo pourrait avoir des conséquences durables si aucune solution urgente n’est trouvée.