La pétition lancée il y a deux semaines pour la sauvegarde de l’enseignement supérieur et universitaire dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu poursuit sa progression. Selon une source proche du collectif à l’origine de l’initiative, elle a désormais franchi la barre de 2 000 signatures. À travers cette démarche, enseignants, étudiants, cadres scientifiques et intellectuels demandent aux différentes parties de privilégier le dialogue afin de permettre une reprise effective des activités académiques et d’éviter une année blanche.
Le collectif estime que la situation actuelle risque de compromettre la continuité de la formation universitaire dans une région déjà confrontée à de nombreuses difficultés. Au-delà de la reprise des cours, les initiateurs de la pétition disent vouloir préserver le parcours académique des étudiants ainsi que la reconnaissance légale des diplômes délivrés par les établissements d’enseignement supérieur et universitaire du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.
Emmanuel Akonkwa N'fizi, chercheur et agent administratif, représentant du collectif des enseignants, étudiants, cadres scientifiques et intellectuels des deux provinces, appelle ainsi les différentes parties à privilégier le dialogue et à rechercher une solution permettant aux institutions universitaires de reprendre normalement leurs activités.
« Nous avons lancé cette pétition parce que nous sommes profondément préoccupés par l’avenir de l’enseignement supérieur et universitaire dans le Nord-Kivu et le Sud-Kivu. Derrière cette situation, il y a des milliers d’étudiants qui risquent de perdre une année académique, mais aussi des enseignants, des chercheurs et des cadres scientifiques dont les activités sont directement affectées. Notre démarche vise avant tout à attirer l’attention sur la nécessité de préserver la continuité de la formation. Nous pensons que le dialogue doit rester la voie privilégiée pour trouver une solution et permettre aux universités et instituts supérieurs de fonctionner dans des conditions qui garantissent aux étudiants la poursuite normale de leur parcours », a déclaré Emmanuel Akonkwa N'fizi.
Le représentant du collectif insiste également sur la question de la reconnaissance des diplômes. Pour les initiateurs de la pétition, l’enjeu dépasse donc la seule reprise des cours : il s’agit aussi de garantir aux étudiants de la région que les années d’études accomplies et les diplômes obtenus puissent conserver toute leur valeur sur le plan légal et académique.
« Ce que nous voulons surtout, c’est éviter que les étudiants soient les principales victimes de cette situation. Ils ont commencé leur formation, ils ont investi du temps et des ressources, et ils doivent pouvoir aller jusqu’au bout de leur cursus et obtenir des diplômes qui soient légalement reconnus. C’est pourquoi nous appelons toutes les parties concernées à se mettre autour d’une table, à dialoguer et à trouver une issue qui permette la reprise effective des activités académiques. Nous allons continuer à mobiliser autour de cette pétition, parce que la question de l’enseignement supérieur concerne l’avenir de toute la région et ne devrait pas être sacrifiée », a insisté Emmanuel Akonkwa N'fizi.
Lancée il y a deux semaines, la pétition a donc dépassé les 2 000 signatures, selon une source proche du collectif. Ses initiateurs entendent poursuivre la mobilisation afin de faire entendre leur appel en faveur du dialogue, de la reprise des activités académiques et de la préservation de la valeur légale des diplômes dans les deux provinces.
Eugide Abalawi