Grand kivu : Au Nord et Sud-Kivu, à la veille de la rentrée académique, Audrey Muke appelle au dialogue pour préserver la continuité de la formation

Grand kivu : Au Nord et Sud-Kivu, à la veille de la rentrée académique, Audrey Muke appelle au dialogue pour préserver la continuité de la formation

Y

Yassin K.

49 0

À la veille de la rentrée académique 2026-2027, fixée au 15 octobre prochain dans les zones sous administration de l'AFC-M23, l'avenir des établissements d'enseignement supérieur et universitaire, ainsi que celui de la jeunesse, suscite de vives préoccupations au sein de la population des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Selon une circulaire récemment rendue publique, seuls les établissements publics et privés jugés viables ou moyennement viables à l'issue d'un contrôle de viabilité seront autorisés à fonctionner pour cette nouvelle année académique. Cette mesure intervient dans un contexte où la population, les parents et les étudiants attendent des garanties claires quant à la poursuite normale des enseignements.

Face à cette situation, Audrey Muke, enseignant d'université, appelle les parties engagées dans le conflit à privilégier le dialogue et à poser des actes de confiance, afin de rassurer la population et de préserver la continuité de la formation dans les provinces concernées.

« Cette situation nous préoccupe énormément, en tant qu'enseignants, mais aussi en tant que parents. L'éducation de notre jeunesse ne devrait jamais être prise en otage par un conflit armé, quel qu'il soit. Une circulaire qui classe nos établissements en viables, moyennement viables ou non viables, à la veille d'une rentrée académique, crée une incertitude énorme chez les étudiants, les parents et même chez nous, enseignants, qui ne savons pas toujours dans quelle catégorie se retrouvera notre institution, ni quelles conséquences cela aura sur la poursuite normale des cours. Ce que nous demandons aujourd'hui, c'est que toutes les parties engagées dans ce conflit privilégient le dialogue et posent des actes concrets de confiance, capables de rassurer la population et de garantir la continuité de la formation de nos étudiants », a déclaré Audrey Muke au micro d'Eugide Abalawi.

L'enseignant d'université a par ailleurs insisté sur les conséquences potentiellement désastreuses d'une interruption prolongée, ou d'une reprise chaotique, des activités académiques pour toute une génération d'étudiants du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.

« Nous risquons de sacrifier toute une génération de jeunes si des solutions rapides et concertées ne sont pas trouvées entre les différentes parties. Les étudiants et leurs parents vivent déjà dans l'incertitude depuis plusieurs mois, entre les déplacements liés à l'insécurité, la fermeture de certains établissements et maintenant cette classification en établissements viables ou non viables. Un jeune qui perd une, deux, voire trois années académiques à cause d'un conflit qui ne le concerne pas directement, c'est un avenir professionnel entier qui est compromis, avec des répercussions sur toute la société de demain. Il est temps que les acteurs concernés fassent preuve de responsabilité et placent l'intérêt supérieur de la jeunesse au-dessus de leurs divergences », a-t-il poursuivi.

Pour Audrey Muke, seule une approche basée sur le dialogue et la confiance mutuelle entre les différentes parties permettra de garantir un retour apaisé des étudiants sur les bancs des amphithéâtres et des salles de classe, dans le respect de leurs droits fondamentaux à l'éducation.

Cette préoccupation intervient alors que de nombreux acteurs de la société civile et du monde académique multiplient les appels similaires, dans l'espoir de voir la rentrée académique 2026-2027 se dérouler dans des conditions plus apaisées pour l'ensemble des établissements d'enseignement supérieur et universitaire du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.

Eugide Abalawi, depuis Goma

Tags : # Actualité # Goma # Nord-Kivu # RDC

Articles similaires