GOMA : Taxe de 3000 FC à la frontière Goma-Gisenyi : les petits commerçants asphyxiés

GOMA : Taxe de 3000 FC à la frontière Goma-Gisenyi : les petits commerçants asphyxiés

Une mesure censée réguler les flux migratoires devient un fardeau économique pour les vendeurs locaux déjà fragilisés.

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Ghislain Lukambo

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À Goma, la nouvelle mesure imposant le paiement de 3000 francs congolais pour traverser la frontière vers Gisenyi suscite une vive inquiétude parmi les petits commerçants.

Officiellement instaurée pour « faciliter la circulation transfrontalière et mieux contrôler les mouvements migratoires », cette taxe est perçue sur le terrain comme un obstacle majeur à la survie économique des populations locales.

Chaque jour, des dizaines de commerçants, en majorité des femmes, franchissent la frontière pour s’approvisionner en produits alimentaires tels que les tomates, les haricots ou d’autres denrées de base. Pour eux, cette taxe représente une charge supplémentaire difficilement supportable.

Anouarite Kazima, vendeuse de tomates, témoigne avec émotion :

« Nous souffrons terriblement. Imaginez, mon capital est de 10 000 FC. Si Dieu me bénit, je peux gagner 2500 ou 3000 FC par jour, sans compter les pertes comme les tomates pourries. C’est avec ça que je nourris ma famille. Maintenant, payer 3000 FC à chaque passage, c’est tuer notre petit commerce. C’est impossible pour nous. »

Selon plusieurs témoignages, certaines familles dépensent jusqu’à 90 000 FC par mois uniquement pour ces frais de traversée, un montant considérable dans un contexte marqué par la précarité et l’insécurité.

De nombreux observateurs estiment que cette mesure favorise indirectement les grands opérateurs économiques, au détriment des petits commerçants qui jouent pourtant un rôle essentiel dans l’approvisionnement des marchés locaux.

« Ce système ne prend pas en compte les réalités des petits commerçants. Il ajoute une pression supplémentaire dans une région où la vie est déjà difficile », déplore un habitant.

Ainsi, à Goma, la frontière n’est plus seulement une limite géographique, mais devient un véritable poids financier qui menace l’équilibre économique de nombreuses familles.

Depuis Goma; AHADI IBRAH

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