Reverdir les villes et les villages de la République démocratique du Congo à travers la plantation d’arbres : c’est l’ambition portée à Goma par Honoré Mushengezi, jeune acteur environnemental et coordonnateur d’un projet au sein de l’ABCom ONGD. À travers son initiative, il entend encourager la plantation d’arbres le long des routes, dans les espaces disponibles ainsi que dans différents milieux susceptibles d’accueillir des espèces adaptées. Une démarche qu’il présente comme une contribution locale à la restauration des écosystèmes et à la lutte contre la déforestation.
Dans une région où les questions liées à la dégradation de l’environnement, à la réduction du couvert végétal et à la préservation des espaces naturels occupent une place importante dans les préoccupations communautaires, Honoré Mushengezi estime que les actions de reboisement peuvent être multipliées à différents niveaux. Son projet repose sur une idée simple : remettre progressivement les arbres au cœur des espaces de vie, en impliquant autant que possible les communautés.
Selon cet acteur environnemental, planter le long des routes et dans les espaces appropriés permet non seulement de contribuer à la restauration du couvert végétal, mais aussi de sensibiliser les populations à l’importance de préserver les arbres existants. Il considère que le reboisement doit être accompagné d’un changement de comportement, notamment en matière de protection et d’entretien des plants.
« Notre vision est de contribuer à reverdir nos villes et nos villages en RDC. Nous voulons que la plantation des arbres devienne une action que chacun peut comprendre et soutenir. Nous envisageons notamment de planter le long des routes et dans différents espaces qui peuvent accueillir des arbres. Pour nous, chaque plant mis en terre représente une contribution à la restauration de nos écosystèmes et à la lutte contre la déforestation. Il ne suffit pas seulement de parler de l’environnement ; il faut aussi poser des actes concrets et commencer là où nous sommes », explique Honoré Mushengezi.
L’initiative entend également donner une dimension économique et sociale au reboisement. Honoré Mushengezi considère en effet que les arbres peuvent représenter une ressource pour les générations futures, notamment lorsqu’il s’agit d’espèces susceptibles de fournir des fruits ou d’autres produits utiles. Cette vision l’amène à présenter la plantation d’arbres comme un investissement à long terme qui dépasse la génération actuelle.
« Lorsque nous plantons un arbre aujourd’hui, nous ne devons pas seulement penser à ce qu’il représente pour nous maintenant. Nous devons également penser aux générations qui vont venir. Un arbre peut devenir une source de nourriture, de protection et de plusieurs autres ressources pour les enfants et les petits-enfants. C’est pourquoi nous voulons encourager les communautés à considérer chaque arbre planté comme un héritage que nous préparons pour l’avenir. Si chacun pouvait planter et protéger quelques arbres autour de lui, dans son quartier, le long des routes ou dans les espaces disponibles, nous pourrions progressivement contribuer à changer le visage de nos villes et de nos villages », souligne-t-il.
Au-delà de la mise en terre des plants, l’acteur environnemental insiste sur la nécessité d’assurer leur suivi. La survie des arbres dépend notamment de leur entretien et de la protection des jeunes plants contre les différentes menaces auxquelles ils peuvent être exposés. Il encourage ainsi les communautés à ne pas limiter les activités de reboisement à des campagnes ponctuelles, mais à inscrire la protection des arbres dans les habitudes quotidiennes.
Pour Honoré Mushengezi, la restauration des écosystèmes nécessite une mobilisation collective associant les jeunes, les organisations environnementales, les autorités locales, les communautés et les différents acteurs du développement. Il estime que les initiatives locales, lorsqu’elles sont multipliées et entretenues dans la durée, peuvent contribuer à renforcer les efforts de lutte contre la déforestation et la dégradation des espaces verts.
Cette démarche intervient alors que la protection des écosystèmes demeure un enjeu important pour la RDC, pays doté d’un vaste patrimoine forestier et d’une biodiversité importante. À l’échelle locale, les actions de plantation et de protection des arbres peuvent ainsi constituer l’un des leviers communautaires permettant de sensibiliser davantage sur la nécessité de préserver les ressources naturelles.
L’ambition affichée par cet acteur environnemental est donc de voir progressivement davantage d’arbres dans les espaces urbains et ruraux, tout en faisant de leur protection une responsabilité partagée. Pour lui, reverdir la RDC est un travail de longue haleine qui doit commencer par des actions concrètes au niveau de chaque communauté.
Salomon Kwiraviwe, depuis Goma