Goma : des rapatriés contestent leur identification comme membres des FDLR, au lendemain des engagements réaffirmés par Kinshasa

Goma : des rapatriés contestent leur identification comme membres des FDLR, au lendemain des engagements réaffirmés par Kinshasa

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Ghislain Lukambo

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Au lendemain de la réaffirmation par le gouvernement de la République démocratique du Congo de sa volonté de poursuivre la neutralisation des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), conformément aux engagements pris dans le cadre de l'accord de Washington, une nouvelle séquence relance le débat autour du processus de désarmement et de rapatriement. Trente-neuf personnes présentées mardi à Goma dans le cadre du programme de Désarmement, Démobilisation, Réinsertion et Rapatriement (DDRR) de la MONUSCO contestent leur identification comme combattants des FDLR, affirmant être des civils congolais. Une situation qui met en évidence la complexité des opérations de vérification de statut dans un contexte sécuritaire particulièrement sensible.

Présentés à Goma dans le cadre des activités de désarmement conduites avec l'appui de la Mission de l'Organisation des Nations unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO), les trente-neuf rapatriés étaient censés s'inscrire dans le processus de démobilisation des éléments présumés des FDLR.

Cependant, plusieurs d'entre eux rejettent catégoriquement cette qualification. Ils soutiennent n'avoir jamais appartenu au mouvement armé rwandais et déclarent être des citoyens congolais ayant quitté le Rwanda ou ayant été assimilés à tort à des combattants.

Cette contestation intervient alors que Kinshasa a rappelé, mardi, son engagement à poursuivre la neutralisation des FDLR dans le respect des dispositions prévues par l'accord de Washington, qui prévoit notamment des mesures relatives au désarmement des groupes armés opérant dans l'est de la RDC.

« Nous ne sommes pas des combattants des FDLR. Nous sommes des civils congolais et nous ne comprenons pas pourquoi nous sommes présentés comme appartenant à ce groupe armé. Nous demandons simplement que notre identité soit vérifiée de manière indépendante afin que toute confusion soit levée. Nous voulons être considérés selon notre véritable statut et non sur la base d'une présomption. », ont déclaré plusieurs des rapatriés au cours de leur présentation.

Ces déclarations illustrent les difficultés auxquelles sont confrontés les acteurs impliqués dans les programmes de Désarmement, Démobilisation, Réinsertion et Rapatriement. L'identification des bénéficiaires constitue en effet une étape essentielle du processus, tant pour garantir la crédibilité des opérations que pour assurer le respect des droits des personnes concernées. Les mécanismes de vérification reposent généralement sur des enquêtes, des entretiens individuels ainsi que sur la collecte d'informations permettant d'établir le parcours de chaque personne avant son éventuelle intégration dans le programme de réinsertion ou son rapatriement.

Pour plusieurs observateurs, cette nouvelle controverse rappelle la nécessité de renforcer les procédures d'identification afin d'éviter toute erreur susceptible d'alimenter les tensions ou de fragiliser la confiance entre les populations et les institutions chargées du DDRR.

« Les opérations de désarmement et de rapatriement demeurent indispensables pour la stabilité régionale, mais elles doivent s'appuyer sur des procédures rigoureuses, transparentes et respectueuses des droits des personnes concernées. La détermination du statut d'un individu constitue une étape fondamentale, car elle conditionne aussi bien son avenir que la crédibilité de l'ensemble du processus. », soulignent des acteurs impliqués dans les questions de consolidation de la paix.

Cette séquence intervient dans un contexte où la mise en œuvre des engagements sécuritaires fait l'objet d'une attention particulière de la part des autorités congolaises, des partenaires internationaux et des organisations impliquées dans les efforts de stabilisation de l'est du pays. Alors que le gouvernement poursuit sa stratégie de neutralisation des groupes armés actifs dans la région, le cas de ces trente-neuf rapatriés met en lumière les défis opérationnels, juridiques et humanitaires auxquels restent confrontés les programmes de désarmement et de réintégration.

Les autorités compétentes ainsi que les partenaires du processus sont désormais attendus sur les suites qui seront réservées aux contestations exprimées par les personnes concernées, notamment en ce qui concerne les vérifications de leur identité et de leur statut.

Reportage de Salomon Kwiraviwe, depuis Goma

Tags : # Actualité # Nord-Kivu # RDC

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