En République Démocratique du Congo, l’informalité coûte cher. Chaque année, des commerçants et entrepreneurs voient une part substantielle de leurs capitaux absorbée par des amendes, pénalités et autres frais liés à l’irrégularité de leur situation administrative. Un paradoxe, alors que beaucoup redoutent encore de franchir le pas de la formalisation, craignant une pression fiscale jugée insupportable.
Face à cette réalité, les acteurs économiques sont de plus en plus appelés à régulariser leur situation. L’enjeu, sécuriser leurs activités et préserver leurs ressources à long terme.
« J'encourage respectueusement les opérateurs économiques, entrepreneurs indépendants, corporations syndicales, associations d'opérateurs économiques et regroupements de petits commerçants; à orienter leurs membres vers la formalisation de leurs activités. Cela passe par l'obtention du Numéro Impôt, de l'Identification Nationale et du RCCM, de la Patente, de l’Autorisation sectorielle, du Contrat de bail commercial ou encore de l’affiliation à un organisme de sécurité sociale », plaide Gabriel KAKULE MANDEYA, consultant fiscale et comptable au sein de la société TOMACO
Contrairement à une idée largement répandue, la détention de ces documents n’entraîne pas automatiquement une hausse insoutenable des taxes. Sur le terrain, c’est plutôt l’absence de ces pièces qui expose les opérateurs à des contrôles répétitifs, à des redressements coûteux et à des fermetures temporaires d’activités.
Des charges imprévues qui, cumulées, grèvent lourdement la trésorerie des petites et moyennes entreprises. La formalisation ne doit donc pas être perçue comme un luxe réservé aux structures à forte capacité financière. Elle constitue un outil de protection, de sécurité juridique et de stabilité.
« Être en règle permet non seulement d’éviter les sanctions, mais aussi d’accéder aux marchés publics, aux crédits bancaires, aux assurances et aux partenariats structurants », souligne GABRIEL MANDEYA.
Accompagner les opérateurs vers le secteur formel, c’est contribuer à préserver leurs ressources, sécuriser l’emploi et renforcer durablement le tissu économique national. Dans un contexte où l’État cherche à élargir son assiette fiscale sans asphyxier l’initiative privée, la pédagogie et l’accompagnement restent les clés pour concilier la conformité ainsi que la croissance, conclut l'expert.
Ghislain Lukambo depuis Butembo