Entre fermeture intermittente des frontières, tensions sécuritaires et absence de solutions officielles, les parents redoutent une année blanche pour leurs enfants.
L’angoisse monte au sein des familles congolaises installées à Gisenyi, dans l’ouest du Rwanda, à quelques kilomètres seulement de la ville de Goma. À quelques semaines du début des examens nationaux en République démocratique du Congo, plus de cinq cents élèves congolais demeurent bloqués de l’autre côté de la frontière et risquent de ne pas participer aux épreuves prévues au mois de juin.
Depuis plusieurs semaines, les parents disent vivre dans une profonde inquiétude face à l’incertitude qui entoure le passage des élèves vers le territoire congolais. Pour de nombreuses familles, la situation actuelle menace directement l’avenir académique des enfants, notamment ceux inscrits aux examens d’État et au Test national de sélection et d’orientation scolaire et professionnelle.
Dans les quartiers de Gisenyi où résident plusieurs familles congolaises, les discussions tournent désormais autour des démarches administratives, des autorisations de traversée et des éventuelles solutions diplomatiques pouvant permettre aux élèves de rejoindre leurs centres d’examens à Goma. Mais jusque-là, aucune mesure concrète n’aurait été annoncée pour rassurer les parents.
« Nos enfants ont étudié toute l’année dans des conditions déjà très difficiles. Aujourd’hui, ils voient leur avenir suspendu à une situation qu’ils ne maîtrisent pas. Beaucoup d’entre eux passent leurs journées à réviser sans savoir s’ils pourront seulement accéder aux salles d’examens. Comme parents, nous sommes désemparés et nous demandons aux autorités des deux pays d’agir rapidement avant qu’il ne soit trop tard », témoigne un parent rencontré à Gisenyi.
Pour plusieurs familles, cette crise dépasse désormais le simple cadre administratif. Certains parents évoquent des conséquences psychologiques importantes chez les élèves, confrontés au stress, à la peur de perdre l’année scolaire et à l’incertitude permanente. D’autres craignent également que le retard dans la prise de décision ne compromette définitivement la participation des candidats aux examens nationaux.
« Nous parlons ici de plus de cinq cents enfants congolais qui veulent simplement aller composer leurs examens dans leur propre pays. Ces élèves ont des rêves, des ambitions et des projets d’avenir. Si aucune solution urgente n’est trouvée, beaucoup risquent de perdre une année entière malgré tous les sacrifices consentis par leurs familles. Nous appelons le gouvernement congolais, les autorités éducatives et les services frontaliers à trouver un mécanisme exceptionnel pour sauver l’année scolaire de ces enfants », plaide un autre parent.
Face à cette situation, les familles espèrent désormais une intervention rapide des autorités éducatives et diplomatiques afin d’éviter une crise scolaire majeure pour ces élèves congolais vivant au Rwanda. Pendant ce temps, à Gisenyi comme à Goma, l’attente et l’inquiétude continuent de grandir à mesure que l’échéance des examens approche.
Depuis Goma, Salomon KWIRAVIWE