Dans l’est de la République démocratique du Congo, l’insécurité persistante et les conflits armés continuent d’exposer les travailleurs humanitaires à de graves risques dans leurs zones d’intervention. Face à cette situation, Jonathan Makoma, directeur des programmes au Partenariat pour la protection intégrée, PPI, appelle les différentes parties au conflit à respecter le personnel humanitaire, à garantir son accès aux populations vulnérables et à renforcer la protection des civils.
Les acteurs humanitaires opérant dans l’est de la RDC restent confrontés à un environnement sécuritaire particulièrement difficile. Les affrontements armés, les déplacements de populations et l’insécurité sur plusieurs axes compliquent régulièrement l’acheminement de l’aide destinée aux personnes affectées par les violences.
Pour Jonathan Makoma, directeur des programmes à PPI, Partenariat pour la protection intégrée, la protection des travailleurs humanitaires doit constituer une priorité pour toutes les parties impliquées dans les conflits. Il rappelle que les humanitaires interviennent dans des zones où les populations ont besoin d’une assistance urgente, malgré les risques auxquels eux-mêmes sont exposés.
Au micro d’Eugide Abalawi, Jonathan Makoma souligne que plusieurs travailleurs humanitaires ont déjà perdu la vie alors qu’ils tentaient de venir en aide aux communautés vulnérables.
« Les acteurs humanitaires travaillent dans des zones extrêmement difficiles et prennent parfois des risques considérables pour apporter une assistance aux populations qui en ont besoin. Nous appelons toutes les parties au conflit à respecter le personnel humanitaire et à garantir sa sécurité. Les humanitaires ne sont pas des parties au conflit : leur mission est de sauver des vies et d’assister les personnes vulnérables. »
Cette situation affecte directement les opérations humanitaires. Lorsque les conditions sécuritaires se détériorent, certaines organisations sont contraintes de réduire ou de suspendre temporairement leurs activités, privant ainsi des milliers de personnes d’une assistance parfois essentielle. Jonathan Makoma insiste également sur la nécessité de protéger les civils, principales victimes des violences dans plusieurs territoires de l’est de la RDC. Pour lui, la sécurisation des espaces humanitaires doit aller de pair avec le respect du droit international humanitaire et la protection des populations.
« Nous avons déjà vu des humanitaires perdre la vie alors qu’ils étaient engagés dans leur mission d’assistance. C’est une situation qui doit interpeller tout le monde. Il faut que les civils soient protégés et que les travailleurs humanitaires puissent accéder aux populations sans être exposés aux attaques, aux menaces ou aux autres formes de violence. »
Les chiffres disponibles illustrent l’ampleur des risques auxquels sont confrontés les acteurs humanitaires dans cette partie du pays. Selon les données du Bureau des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires, OCHA, 243 incidents ont affecté des travailleurs humanitaires entre janvier et juillet 2026 dans l’est de la RDC, causant la mort de six humanitaires.
Ces incidents témoignent de la dégradation des conditions de travail des organisations humanitaires dans plusieurs zones affectées par les conflits. Ils constituent également une menace pour la continuité de l’aide destinée aux populations déplacées, aux victimes de violences et aux communautés confrontées à des besoins humanitaires importants.
Pour les acteurs du secteur, la protection du personnel humanitaire ne doit donc pas être considérée comme une préoccupation secondaire. Elle constitue une condition essentielle au maintien des opérations et à l’accès des populations aux services d’urgence.
Les organisations humanitaires appellent ainsi les parties au conflit à garantir la sécurité des travailleurs, à respecter leur neutralité et leur impartialité et à préserver les espaces nécessaires à l’acheminement de l’assistance.
La multiplication des incidents dans l’est de la RDC rappelle par ailleurs que les populations civiles et ceux qui leur viennent en aide demeurent parmi les premières victimes des conséquences de l’insécurité.
Reportage Egide Abalawi, depuis Sud-Kivu