L’effondrement du pont Ituri II, survenu le dimanche 7 juin dernier sur la Route Nationale numéro 44, suscite une vive inquiétude parmi les usagers et les acteurs économiques desservis par cet axe routier stratégique reliant le territoire de Mambasa, dans la province de l’Ituri, à celui de Beni, au Nord-Kivu. Jeté sur la rivière Ituri dont il porte le nom, cet ouvrage constituait un maillon essentiel pour la circulation des personnes et des marchandises entre les deux provinces.
La situation préoccupe particulièrement l’Union des Propriétaires de Véhicules et Transporteurs (UPV) de Butembo, qui appelle les autorités congolaises à intervenir dans les plus brefs délais afin de réhabiliter cette infrastructure devenue impraticable. Selon les professionnels du transport, la destruction de ce pont risque d’avoir des répercussions considérables sur les échanges commerciaux et sur le coût du transport dans toute la région.
Pour Muhindo Musubao Gaston, responsable de l’UPV Butembo, cet incident représente un sérieux revers pour les opérateurs économiques qui utilisent quotidiennement cette route pour l’acheminement des produits agricoles, manufacturés et de première nécessité.
« L’effondrement du pont Ituri II constitue un véritable choc pour le secteur du transport et pour toute l’économie régionale. Cet ouvrage jouait un rôle fondamental dans la fluidité des échanges entre Mambasa, Beni et d’autres centres commerciaux de l’Est du pays. Aujourd’hui, les transporteurs se retrouvent confrontés à une interruption brutale du trafic sur un axe vital. Cette situation intervient dans un contexte déjà marqué par des défis sécuritaires et économiques importants. Les conséquences risquent de se faire sentir sur les prix des produits, les délais de livraison et les revenus des opérateurs économiques qui dépendent de cette route », a déclaré Muhindo Musubao Gaston.
L’UPV estime que cette rupture de circulation pourrait rapidement affecter l’approvisionnement de plusieurs agglomérations et compliquer davantage les activités des commerçants, agriculteurs et transporteurs qui dépendent de la RN44 pour écouler leurs marchandises.
Face à cette urgence, l’organisation plaide pour une reconstruction rapide et durable du pont. Elle recommande aux autorités compétentes de privilégier des matériaux de qualité capables de résister aux contraintes climatiques et à l’intensité du trafic observé sur cet axe.
« Nous demandons au gouvernement congolais de considérer cette situation comme une priorité nationale. Il ne s’agit pas seulement de reconstruire un pont, mais de préserver tout un circuit économique dont vivent des milliers de familles. Nous souhaitons que les travaux soient réalisés avec des matériaux conformes aux normes techniques afin d’éviter qu’un tel scénario ne se reproduise dans quelques années. Une intervention tardive risquerait d’entraîner un ralentissement significatif des activités commerciales, une hausse du coût du transport et des difficultés d’approvisionnement dans plusieurs localités qui dépendent entièrement de cette route », a insisté le responsable de l’UPV Butembo.
Pour de nombreux observateurs, l’effondrement de cet ouvrage soulève également des interrogations sur la qualité des infrastructures routières récemment construites dans la région. En effet, le pont Ituri II s’est écroulé seulement deux ans après son inauguration, une situation qui alimente le débat sur le respect des normes techniques lors de l’exécution des travaux publics.
En attendant une éventuelle intervention des autorités, la liaison rapide entre les territoires de Mambasa et de Beni demeure interrompue, contraignant les usagers à rechercher des itinéraires alternatifs souvent plus longs, plus coûteux et parfois moins sécurisés. Les acteurs économiques espèrent désormais une réaction rapide du gouvernement afin de rétablir la circulation sur cette route considérée comme l’une des plus importantes pour les échanges entre l’Ituri et le Nord-Kivu.