Lors d’un briefing tenu ce vendredi à Bunia, chef-lieu de la province de l’Ituri, les autorités congolaises ont annoncé une série de mesures destinées à renforcer la riposte contre l’épidémie de la maladie à virus Ebola, qui continue de toucher plusieurs provinces de l’Est de la République démocratique du Congo.
Le ministre de la Santé, Samuel Roger Kamba, a notamment confirmé la gratuité des soins de santé pour les patients pris en charge dans des structures sanitaires préalablement identifiées dans la zone affectée. Une mesure qui vise à lever les barrières financières et à encourager le dépistage précoce ainsi que la prise en charge rapide des cas suspects.
Selon le ministre, cette stratégie s’inscrit dans une approche globale de limitation de la propagation du virus, combinant surveillance épidémiologique, prise en charge médicale et sensibilisation communautaire.
Dans le même cadre, les autorités ont évoqué la question des points d’entrée stratégiques, notamment l’aéroport de Bunia, actuellement au centre d’évaluations techniques et sanitaires.
Le gouvernement indique que sa réouverture éventuelle sera discutée avec les services compétents, dont la Régie des voies aériennes (RVA), une fois les conditions sanitaires jugées favorables et les dispositifs de contrôle renforcés.
Sur le plan communicationnel, le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, a insisté sur l’importance du rôle des médias dans la lutte contre la désinformation en période d’épidémie.
« Les médias sont des partenaires essentiels dans la lutte contre l’infodémie. Leur rôle est crucial pour relayer des informations fiables, sensibiliser les communautés et accompagner les efforts des équipes de riposte. Dans un contexte comme celui-ci, une information juste peut sauver des vies, tandis qu’une rumeur peut aggraver la situation », a déclaré Patrick Muyaya.
Par ailleurs, le gouvernement a annoncé une mesure d’accompagnement en faveur des familles des agents de santé décédés dans le cadre de la riposte. Au total, 14 soignants ont perdu la vie alors qu’ils étaient engagés en première ligne contre l’épidémie, un sacrifice que les autorités disent vouloir reconnaître et soutenir.
Sur le plan épidémiologique, les chiffres officiels font état de 245 décès sur 933 cas confirmés, soit un taux de létalité estimé à 26 %, dans les provinces de l’Ituri, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.
Les autorités sanitaires appellent à maintenir la vigilance, à renforcer les mesures de prévention et à encourager la collaboration entre les communautés et les équipes médicales, alors que la riposte se poursuit dans un contexte encore marqué par des défis logistiques et sécuritaires.
La lutte contre Ebola reste ainsi une priorité nationale, combinant efforts médicaux, communication publique et soutien aux familles touchées par l’épidémie.