Dans le cadre de la lutte contre la maladie à virus Ebola, les professionnels des médias sont appelés à jouer pleinement leur rôle d’information, de sensibilisation et de mobilisation communautaire. Cet appel a été lancé par Déogratias SIKU expert en communication engagé dans la riposte contre la maladie à virus Ebola, qui rappelle que les journalistes constituent un maillon essentiel dans les efforts visant à contenir l’épidémie et à protéger les populations exposées.
Selon lui, les médias occupent une place stratégique dans la réponse sanitaire, au même titre que les personnels de santé déployés sur le terrain. « Les journalistes sont une partie prenante incontournable dans cette réponse contre Ebola. Ils sont au service de la vie tout comme le personnel de santé. C’est d’ailleurs pour cette raison que l’on affirme souvent qu’une bonne information sauve des vies », a-t-il souligné.
L’intervenant a expliqué que l’importance des médias dans la gestion des épidémies a conduit à leur intégration officielle dans les mécanismes de riposte à travers le sous-pilier Médias. Cette structure permet aux journalistes de participer activement aux différentes stratégies mises en place pour informer la population, combattre la désinformation et renforcer l’adhésion communautaire aux mesures sanitaires.
Dans ce contexte, les professionnels des médias sont invités à poursuivre leur mission traditionnelle consistant à informer, éduquer et sensibiliser les communautés sur les comportements recommandés par le ministère de la Santé. L’objectif est de favoriser une meilleure compréhension de la maladie, de ses modes de transmission et des moyens de prévention afin de réduire les risques de propagation.
Au-delà de leur fonction d’informateurs, les journalistes sont également considérés comme un lien indispensable entre les autorités sanitaires et les populations. Ils ont la responsabilité de faire remonter les préoccupations, les attentes et les inquiétudes exprimées au sein des communautés afin que les interventions sanitaires puissent être adaptées aux réalités locales.
Cette approche participative est jugée essentielle pour instaurer un climat de confiance entre les équipes de riposte et les populations concernées. En relayant les préoccupations communautaires, les médias contribuent à améliorer l’acceptation des mesures de santé publique et à réduire la circulation des rumeurs souvent à l’origine de résistances ou de comportements à risque.
L’expert insiste également sur la dimension sociale et humaine du métier de journaliste en période d’épidémie. Selon lui, chaque professionnel des médias doit garder à l’esprit que son travail ne se limite pas à la simple diffusion de l’information. Il s’agit avant tout d’une responsabilité envers la communauté dont il fait lui-même partie.
« Les journalistes doivent se rappeler qu’ils sont au service de la vie. Ils vivent dans les mêmes communautés affectées par Ebola. Chaque vie perdue à cause de cette maladie peut être celle d’un ami, d’un parent, d’un voisin ou d’un membre de la communauté », a-t-il déclaré.
À cet effet, il encourage les médias à considérer la lutte contre Ebola comme une responsabilité collective et même familiale. Chaque reportage, chaque émission et chaque message diffusé à l’antenne ou sur les plateformes numériques peut avoir un impact direct sur les comportements de la population et, par conséquent, sur l’évolution de l’épidémie.
Les recherches menées au cours des dernières années dans différents contextes de riposte ont démontré que les médias jouent un rôle déterminant dans la manière dont les épidémies évoluent. Les informations diffusées influencent les perceptions, les attitudes et les décisions des communautés, que ce soit de manière positive ou négative.
L’intervenant met ainsi en garde contre les conséquences d’une communication inappropriée ou insuffisamment vérifiée. Une information erronée, un sujet mal traité ou un message mal interprété peut alimenter la peur, favoriser la désinformation et exposer davantage les populations aux risques de contamination.
À l’inverse, une communication fondée sur des faits vérifiés, des sources crédibles et des messages adaptés au contexte local constitue un outil puissant pour promouvoir les comportements préventifs et renforcer l’efficacité de la réponse sanitaire.
Face à la menace persistante que représente Ebola, les journalistes sont donc appelés à redoubler de vigilance, de professionnalisme et de sens de responsabilité. Leur contribution demeure essentielle pour accompagner les efforts des autorités sanitaires, renforcer la confiance des communautés et, surtout, contribuer à sauver des vies grâce à une information juste, utile et responsable.
Les acteurs de la riposte réaffirment ainsi que la bataille contre Ebola ne se joue pas uniquement dans les centres de traitement ou les structures sanitaires, mais également dans les médias, où chaque mot, chaque message et chaque information diffusée peut faire la différence entre la propagation de la maladie et sa maîtrise.