Ebola à Butembo : le docteur Gloire Mumbere Mutwe met en garde contre les risques de contamination dans les transports en commun

Ebola à Butembo : le docteur Gloire Mumbere Mutwe met en garde contre les risques de contamination dans les transports en commun

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Esperanza Sindani

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Le transport en commun, dont le système « Mushambiko » sur les motos à Butembo, favorise le contact physique entre passagers, ce qui peut faciliter la transmission de l'épidémie de maladie à virus Ebola. Pour voyager en toute sécurité, le docteur Gloire Mumbere Mutwe, médecin spécialiste en santé publique, recommande de se laver systématiquement les mains avant, pendant et après le voyage, et d'accepter les points de contrôle sanitaires installés sur les barrières. Il s'est exprimé dans une interview exclusive accordée à la RTEE Kivu, ce mardi 29 septembre 2026.

Dans le contexte de la crise sanitaire que traverse actuellement la ville de Butembo, le médecin déconseille formellement les modes de transport qui entassent les passagers, qu'il s'agisse de plus de deux personnes sur une même moto ou de voyageurs serrés dans les tricycles. Une pratique qui s'est répandue ces derniers temps face à la hausse du coût des courses, et qui expose davantage les usagers aux risques de contamination.

« Quand vous êtes plusieurs dans un même véhicule, le contact physique rapproché est presque inévitable. Or, en cette période d'épidémie d'Ebola, nul ne connaît l'état de santé de la personne assise à côté de lui. Celui qui partage la moto ou le tricycle avec des inconnus s'expose donc, sans le savoir, à un risque réel. C'est pourquoi nous ne conseillons pas ce type de transport tant que la maladie circule dans notre ville », a expliqué le docteur Gloire Mumbere Mutwe.

Face à cette situation, le spécialiste en santé publique propose plusieurs gestes de prévention à observer par tous ceux qui doivent se déplacer. Il insiste d'abord sur l'hygiène des mains, qui reste, rappelle-t-il, l'une des barrières les plus simples et les plus efficaces contre la propagation de la maladie.

« Se laver les mains, ce n'est pas seulement à la maison. Avant de monter, pendant le trajet chaque fois que c'est possible, et après être descendu, il faut le faire avec de l'eau et du savon ou avec une solution hydro-alcoolique. C'est un geste qui ne coûte presque rien, mais qui peut sauver des vies », a-t-il insisté.

Le médecin appelle aussi les usagers à collaborer avec les équipes présentes aux points de contrôle installés sur les barrières, où la température des voyageurs est vérifiée et le lavage des mains exigé. Selon lui, ces dispositifs ne sont pas une contrainte, mais une protection collective, et ceux qui s'y soumettent contribuent directement à freiner la chaîne de transmission.

Exemple de transport en commun non sécurisé

Le docteur Gloire Mumbere Mutwe conclut en reconnaissant que le coût du transport pèse lourd sur les ménages, mais il rappelle que le déplacement ne doit pas devenir un moyen de contamination. Il en appelle à la prise de conscience de chacun, au regard de la menace qui pèse sur la ville de Butembo.

« Je sais que les courses coûtent cher et que beaucoup n'ont pas le choix. Mais aucun gain d'argent ne vaut une vie. Nous devons tous nous protéger pour protéger nos proches, nos enfants, nos parents. La riposte ne réussira que si la population elle-même devient actrice de sa propre protection », a-t-il conclu.

Cette mise en garde intervient dans un contexte où la pratique du « Mushambiko », qui consiste à regrouper deux ou trois passagers sur une même moto pour partager le coût de la course, gagne du terrain dans les zones périphériques de Butembo et sur l'axe Beni-Butembo. Entre contraintes économiques et impératifs sanitaires, les autorités et les acteurs de la riposte sont appelés à renforcer la sensibilisation des usagers et des conducteurs.

Esperanza Sindani

Tags : # Actualité # Butembo # Nord-Kivu # RDC

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