À l'approche du dialogue national annoncé par le président de la République, les organisations féminines appellent à une participation effective des femmes aux discussions. Elles estiment que leur implication est indispensable pour bâtir une paix durable, au regard de leur expérience des conflits et des lourdes conséquences qu'elles subissent dans les différentes crises qui affectent la République démocratique du Congo. Les organisations de défense des droits des femmes multiplient les appels en faveur d'un dialogue national véritablement inclusif. Elles souhaitent que les femmes soient représentées de manière significative dans les futures assises afin que leurs préoccupations et leurs propositions contribuent à la recherche de solutions durables aux défis sécuritaires, politiques et sociaux que traverse le pays.
Pour ces organisations, les femmes ne doivent pas être considérées comme de simples observatrices du processus de paix. Elles rappellent qu'elles figurent parmi les premières victimes des conflits armés, des déplacements forcés, des violences sexuelles et des crises humanitaires qui secouent plusieurs provinces de la RDC depuis des années.
La secrétaire exécutive du Caucus des femmes pour la paix, Solange Lwashiga, estime que cette réalité confère aux femmes une légitimité particulière pour participer aux discussions destinées à restaurer la paix et la cohésion nationale.
« Les femmes vivent les conséquences des conflits au quotidien. Elles prennent en charge les familles déplacées, accompagnent les victimes des violences, assurent souvent seules la survie des ménages et participent à la reconstruction des communautés. Cette expérience leur permet d'apporter une lecture différente des crises et des propositions concrètes pour prévenir les conflits et consolider la paix. Le dialogue national ne pourra être véritablement inclusif que si les femmes y participent de manière effective, avec une réelle capacité d'influencer les décisions qui seront prises », affirme Solange Lwashiga.
Les organisations féminines rappellent également que plusieurs textes nationaux et internationaux consacrent la participation des femmes aux processus de prévention et de résolution des conflits. Elles estiment que ces engagements doivent désormais se traduire par une représentation équilibrée dans les instances de décision. Selon elles, une paix durable ne peut être obtenue sans prendre en compte les préoccupations des femmes, notamment en matière de sécurité, de justice, de protection des populations civiles et de reconstruction des communautés affectées par les violences.
« Nous ne demandons pas une présence symbolique des femmes autour de la table des négociations. Nous plaidons pour une participation responsable, où les femmes pourront porter les préoccupations des communautés, proposer des solutions et contribuer à l'élaboration des mécanismes de réconciliation. Les conflits touchent l'ensemble de la société, mais leurs conséquences pèsent particulièrement sur les femmes et les enfants. Il est donc indispensable que leur voix soit entendue dans toutes les étapes du dialogue », poursuit la secrétaire exécutive du Caucus des femmes pour la paix.
Les organisations féminines espèrent que les préparatifs du dialogue national tiendront compte du principe d'inclusivité annoncé par les autorités, afin de garantir une représentation des différentes composantes de la société, notamment des femmes, des jeunes, des organisations citoyennes et des communautés affectées par les conflits.
Pour ces acteurs de la société civile, la réussite du dialogue dépendra en grande partie de la capacité des organisateurs à associer toutes les sensibilités nationales dans la recherche de solutions consensuelles en faveur de la paix, de la stabilité et du renforcement de la cohésion nationale.
Un reportage d'Eugide Abalawi, depuis Bukavu