Deuil national : Maître Sekera Kasereka estime que la compassion nationale doit aussi s'étendre aux victimes de l'insécurité et des catastrophes à l'Est de la RDC

Deuil national : Maître Sekera Kasereka estime que la compassion nationale doit aussi s'étendre aux victimes de l'insécurité et des catastrophes à l'Est de la RDC

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Ghislain Lukambo

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Le deuil national est une circonstance décrétée par l'autorité légalement établie, notamment la Présidence ou le Gouvernement, afin d'observer un moment de recueillement dans tout le pays à la suite d'un ou plusieurs décès survenus de manière tragique. Il peut aussi être décrété à la mort d'une personnalité dont la Nation reconnaît les loyaux services. C'est l'explication de Me Sekera Kasereka, avocat au Barreau du Nord-Kivu, qui rappelle la portée de cette mesure alors que celle-ci a été décrétée pour la dernière fois le week-end dernier.

Dans la pratique, précise le juriste, le deuil national se traduit par la mise en berne des drapeaux, l'organisation de cérémonies de recueillement et, parfois, la suspension des festivités à travers le pays.

« Le deuil national n'est pas une simple formalité administrative. C'est un acte solennel par lequel la Nation tout entière s'arrête pour honorer la mémoire de ceux qu'elle a perdus. Les drapeaux sont mis en berne, des moments de recueillement sont organisés et les réjouissances publiques sont suspendues. C'est une manière d'exprimer, ensemble, la douleur et la compassion d'un peuple », a expliqué Me Sekera Kasereka.

L'avocat soutient par ailleurs que les circonstances tragiques ne manquent pas dans l'Est du pays. Selon lui, ceux qui estiment que les massacres à grande échelle ou les catastrophes naturelles, comme les incendies meurtriers survenus au Sud-Kivu, auraient dû conduire à un deuil national ont raison de le penser.

« Quand des dizaines, voire des centaines de citoyens périssent dans des massacres à l'Est, ou dans des catastrophes comme les incendies meurtriers enregistrés au Sud-Kivu, il est légitime de se demander pourquoi la Nation ne s'arrête pas aussi pour les pleurer. Ceux qui pensent que ces drames méritaient également un deuil national ont raison, car ce sont des vies congolaises perdues dans des conditions tragiques. Le deuil national doit être un geste qui rassemble tous les Congolais, sans distinction de rang ni de région », a-t-il soutenu.

Pour rappel, par un communiqué du ministère de la Communication et des Médias publié le samedi 26 septembre 2026, et sur instruction du chef de l'État, un deuil national de trois jours a été décrété à la suite du décès de deux généraux des FARDC dans un crash d'avion à Kenge, dans la province du Kwango. Il s'agit du lieutenant-général Joseph Mutombo Katalayi, premier président de la Haute Cour militaire, et du lieutenant-général Lucien René Likulia, auditeur général des FARDC.

Me Sekera Kasereka insiste sur le fait que le deuil national est avant tout un moment de solidarité, de cohésion nationale et d'expression de compassion. À ses yeux, les nombreux drames déjà enregistrés à l'Est de la RDC doivent être une interpellation.

« Le deuil national est un moment de solidarité et de cohésion. Au regard des nombreux drames que l'Est du pays a déjà connus, cela doit nous interpeller : la compassion nationale doit être ressentie et observée aussi à l'endroit des citoyens qui périssent tragiquement à cause de l'insécurité et des catastrophes naturelles au Nord-Kivu, au Sud-Kivu et en Ituri. La douleur d'une famille de l'Est n'est pas moins grande que celle d'une autre, et la Nation doit pouvoir le reconnaître », a-t-il conclu.

Cette réflexion relance ainsi le débat sur les critères qui président au choix de décréter un deuil national, alors que de nombreuses voix, dans les provinces de l'Est, réclament que la Nation manifeste la même compassion envers les victimes des violences et des catastrophes qui endeuillent régulièrement la région.

Ghislain Lukambo, depuis Butembo

Tags : # Actualité # Butembo # Nord-Kivu # RDC

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