Le projet de construction de la ligne ferroviaire reliant la République démocratique du Congo au Burundi vient de franchir une étape déterminante. Ce mardi 2 juin 2026, la première équipe des entreprises PKAPI et REAL BAOBAB, retenues pour mener les investigations géotechniques sur le tronçon Kindu-Mwenga, a officiellement présenté la cartographie préliminaire du tracé de cette future voie ferrée aux autorités provinciales.
La cérémonie, organisée en présence du gouverneur de province et de plusieurs responsables administratifs et techniques, a permis aux ingénieurs topographes d'exposer les grandes lignes du parcours envisagé pour cette infrastructure stratégique appelée à renforcer la connectivité entre l'Est de la RDC et le Burundi.
Placée sous la supervision du Professeur Docteur Estimé Mukambilwa, l'équipe technique a entamé la première phase des opérations de terrain qui consiste à identifier avec précision le corridor ferroviaire, à réaliser les levés topographiques ainsi qu'à conduire les différentes études géotechniques indispensables à la conception de l'ouvrage.
Selon les experts mobilisés sur le projet, cette étape constitue l'une des plus importantes du processus, car elle permettra de déterminer les caractéristiques du sol, les contraintes géographiques et environnementales ainsi que les ouvrages d'art qui devront être construits tout au long du tracé.
Les travaux concernent particulièrement le segment reliant Kindu à Mwenga, une zone réputée pour son relief varié et ses nombreuses contraintes naturelles. Les équipes disposent d'un délai de vingt-cinq jours pour parcourir l'ensemble du corridor et produire les données techniques nécessaires à la poursuite du projet.
Devant les autorités provinciales, les responsables de la mission ont insisté sur l'importance économique et stratégique de cette future ligne ferroviaire qui devrait faciliter le transport des personnes et des marchandises, réduire les coûts logistiques et favoriser l'intégration économique régionale.
« Aujourd'hui, nous franchissons une étape essentielle dans la matérialisation de ce grand projet ferroviaire. La cartographie que nous présentons n'est pas seulement un document technique ; elle constitue la base même sur laquelle reposera l'ensemble des études et des futurs travaux. Nos équipes sont déjà déployées sur le terrain afin de collecter toutes les données nécessaires à la réalisation des investigations géotechniques. Nous avons reçu pour mission de parcourir le tronçon Kindu-Mwenga en vingt-cinq jours afin d'identifier avec précision les caractéristiques du terrain, les contraintes naturelles et les meilleures options techniques pour la future voie ferrée. Notre ambition est de fournir un travail scientifique rigoureux qui permettra aux décideurs de disposer d'informations fiables avant le lancement des phases suivantes du projet », a déclaré le Professeur Docteur Estimé Mukambilwa, responsable de la mission technique.
Cette future ligne ferroviaire est perçue comme un levier majeur de développement pour les provinces concernées. Les autorités estiment qu'elle contribuera à désenclaver plusieurs territoires, à stimuler les échanges commerciaux et à renforcer les relations économiques entre la RDC et le Burundi.
Pour de nombreux observateurs, l'arrivée du chemin de fer pourrait également favoriser l'exploitation rationnelle des ressources naturelles, faciliter l'écoulement des produits agricoles et réduire la dépendance au transport routier souvent confronté à la dégradation des infrastructures.
Au cours de la présentation, les ingénieurs ont détaillé les différentes zones traversées par le futur corridor et expliqué les critères ayant guidé les premières orientations du tracé. Les échanges avec les autorités provinciales ont porté notamment sur les enjeux environnementaux, l'impact social du projet et les perspectives de développement qu'il pourrait générer pour les communautés locales.
« Le gouvernement provincial accueille avec satisfaction le lancement effectif de cette phase d'études qui marque le début concret d'un projet longtemps attendu par les populations. Cette infrastructure représente bien plus qu'une simple voie de transport. Elle ouvre des perspectives considérables en matière d'investissements, de mobilité, de création d'emplois et de développement économique. Nous avons suivi avec intérêt la présentation de la cartographie réalisée par les experts de PKAPI et REAL BAOBAB. Les informations fournies démontrent le sérieux du travail engagé. Nous encourageons les équipes techniques à poursuivre leur mission dans les meilleures conditions afin que cette vision de connexion ferroviaire entre la RDC et le Burundi puisse progressivement devenir une réalité au bénéfice des générations présentes et futures », a souligné l'autorité provinciale au terme de la séance de travail.
Alors que les équipes topographiques poursuivent leur progression sur le terrain, les regards restent désormais tournés vers les résultats des investigations géotechniques qui permettront de confirmer la faisabilité technique du projet et d'affiner les choix d'ingénierie.
Si toutes les étapes prévues sont respectées, la future ligne ferroviaire Burundi–RDC pourrait devenir l'une des infrastructures majeures de transport dans la région des Grands Lacs, contribuant ainsi à l'intégration économique régionale et à l'amélioration durable de la mobilité des populations et des biens entre les deux pays.
Depuis le Sud-Kivu, Eugide ABALAWI