Environ cinquante leaders communautaires de la ville de Butembo, parmi lesquels des journalistes, des blogueurs et des membres de la société civile, ont participé ce vendredi à une session de formation axée sur la vérification des faits en période d’épidémie et sur les questions environnementales. Organisé par le Club RFI Bukavu et Butembo dans le cadre du projet « Mégaphone de la Nature », l’atelier s’est tenu dans la grande salle de la Réadaptation à Base Communautaire (RBC) MTA de la Concorde.
Cette initiative intervient dans un contexte marqué par la recrudescence de la désinformation et de la mésinformation sur les réseaux sociaux, particulièrement autour de l’épidémie de la maladie à virus Ebola et des enjeux environnementaux. Les organisateurs estiment qu’il est devenu indispensable de doter les leaders d’opinion des compétences nécessaires pour identifier les fausses informations, vérifier les faits et diffuser des contenus fiables au sein de leurs communautés.
Au cours de la formation, les participants ont été initiés à différentes méthodes de fact-checking, notamment l’identification des sources crédibles, la vérification des images et vidéos, le recoupement des informations ainsi que les bonnes pratiques de communication en période de crise sanitaire.
Intervenant comme facilitateur de l’atelier, le journaliste Elisha Kindy a insisté sur la nécessité de renforcer la culture de la vérification de l’information afin de lutter efficacement contre les rumeurs et les manipulations qui peuvent avoir des conséquences graves sur la santé publique et la cohésion sociale.
« En période d’épidémie, la circulation de fausses informations peut semer la panique, renforcer la méfiance envers les autorités sanitaires et compromettre les efforts de riposte. Il est donc essentiel de doter les leaders communautaires et les professionnels des médias des outils nécessaires pour vérifier les faits avant toute diffusion. Le fact-checking appliqué permet de distinguer l’information vérifiée de la rumeur et de contribuer à une communication responsable. Cette démarche est tout aussi importante dans le domaine environnemental, où les informations inexactes peuvent également influencer les comportements des populations et les décisions publiques », a expliqué Elisha Kindy.
À l’issue de la formation, les participants se sont déclarés satisfaits des connaissances acquises. Plusieurs d’entre eux ont souligné que les outils présentés leur permettront de mieux faire face au phénomène du désordre informationnel qui prend de l’ampleur sur les plateformes numériques.
Les bénéficiaires se sont engagés à mettre en pratique les notions apprises dans leurs activités professionnelles et communautaires afin de promouvoir une information responsable et de contribuer à la sensibilisation de la population sur les questions sanitaires et environnementales.
« Cette formation nous a permis de comprendre l’importance de toujours vérifier une information avant de la partager. Les réseaux sociaux regorgent aujourd’hui de contenus non vérifiés qui peuvent induire les populations en erreur. Grâce aux techniques présentées, nous sommes désormais mieux outillés pour détecter les fausses informations, identifier des sources fiables et contribuer à la diffusion de messages crédibles au sein de nos communautés. Nous nous engageons à appliquer ces acquis afin de participer à la lutte contre la désinformation, particulièrement en cette période sensible marquée par l’épidémie d’Ebola », ont déclaré plusieurs participants.
Pour sa part, le coordonnateur du Club RFI Butembo, Kizito Makelele, s’est félicité de l’intérêt manifesté par les participants et de leur forte implication tout au long de l’atelier. Il a estimé que cette activité intervient à un moment opportun, alors que la population a plus que jamais besoin d’informations fiables pour faire face aux défis sanitaires et environnementaux actuels.
Le projet « Mégaphone de la Nature », coordonné par Nicole Bahati Namudumbi, présidente du Club RFI Bukavu, vise notamment à promouvoir l’éducation aux médias, la lutte contre la désinformation et le renforcement de l’engagement communautaire autour des questions de santé publique et de protection de l’environnement.
Les organisateurs espèrent que les connaissances acquises lors de cette formation permettront aux participants de devenir de véritables relais d’information fiable au sein de leurs communautés et de contribuer à la construction d’un environnement informationnel plus sain et plus responsable.