La lutte contre la maladie à virus Ebola continue de gagner de nouveaux alliés à la base. À l'issue d'un atelier de trois jours organisé à Butembo par la Solidarité des Organisations des Femmes et des Jeunes Producteurs Agricoles (SOFEJEP), avec l'appui technique et financier du Fonds pour les Femmes Congolaises (FFC), plusieurs femmes sensibilisatrices et jeunes leaders communautaires ont renforcé leurs connaissances sur l'épidémie. Fait marquant de cette session, une participante qui reconnaît avoir été parmi les personnes réticentes à la riposte a publiquement annoncé son changement de perception et son engagement à mener désormais des actions de sensibilisation contre Ebola au sein de sa communauté.
Durant trois jours, les participants ont été outillés sur les principaux aspects liés à la maladie à virus Ebola, notamment son historique, les modes de transmission, les manifestations cliniques, les mesures de prévention ainsi que le rôle déterminant de la communauté dans l'interruption de la chaîne de transmission. Les échanges ont également porté sur les stratégies de communication communautaire, la lutte contre les rumeurs et les fausses informations ainsi que les mécanismes de mobilisation des populations autour des mesures de prévention.
Selon les organisateurs, cette formation visait à renforcer les capacités des relais communautaires afin qu'ils deviennent des acteurs de proximité capables de diffuser des informations fiables, de favoriser l'adhésion des populations aux mesures sanitaires et de contribuer activement à la riposte contre cette nouvelle flambée d'Ebola.
L'un des moments les plus marquants de la cérémonie de clôture a été le témoignage d'une participante qui a reconnu avoir longtemps douté des messages véhiculés autour d'Ebola. Face aux explications scientifiques, aux échanges avec les facilitateurs et aux discussions de groupe, elle affirme avoir changé de conviction.
« Au début de cette épidémie, je faisais partie des personnes qui ne croyaient pas réellement à certains messages de sensibilisation. Après ces trois jours de formation, j'ai compris comment le virus se transmet, les risques qu'il représente et pourquoi chacun de nous doit agir. Aujourd'hui, je prends l'engagement de sensibiliser ma famille, mes voisins et tous ceux qui m'entourent afin qu'ils respectent les mesures de prévention. », a déclaré cette participante, sous les applaudissements des autres bénéficiaires.
Pour les responsables de la SOFEJEP, ce changement de perception constitue l'un des principaux résultats attendus de cette initiative. L'organisation estime que la lutte contre Ebola ne peut produire des résultats durables sans une implication effective des communautés, particulièrement des leaders locaux, des femmes et des jeunes qui jouent un rôle essentiel dans la diffusion des messages de prévention. Prenant la parole à la clôture de la formation, la coordonnatrice nationale de la SOFEJEP, Madame Katungu Thérèse, a salué l'implication des participants ainsi que le travail réalisé par les facilitateurs durant les trois journées d'échanges. Elle a rappelé que le contexte sanitaire actuel exige une mobilisation de tous les acteurs afin de prévenir de nouvelles contaminations.
« Le contexte sanitaire que nous traversons impose une mobilisation générale. Nous remercions tous les participants pour leur engagement, leur disponibilité et la qualité de leurs contributions pendant les travaux en groupes. Les connaissances acquises ne doivent pas rester dans cette salle. Chaque participant devient désormais un ambassadeur de la prévention et organisera des tribunes d'expression populaire pour sensibiliser la population et contribuer à couper la chaîne de transmission du virus Ebola. », a déclaré Madame Katungu Thérèse.
Selon la coordonnatrice nationale, les bénéficiaires de cette formation seront déployés dans leurs différents quartiers et communautés afin d'animer des séances de sensibilisation, des causeries éducatives et des tribunes d'expression populaire destinées à informer les habitants sur les comportements à adopter pour limiter la propagation de la maladie.
Les organisateurs rappellent que les résistances communautaires constituent souvent un obstacle majeur aux efforts de riposte. C'est pourquoi ils estiment que la transformation des perceptions, illustrée par le témoignage de cette ancienne résistante désormais engagée dans la sensibilisation, représente un signal encourageant pour renforcer l'adhésion des populations aux interventions sanitaires.
Au-delà du transfert des connaissances, cet atelier a également mis en évidence la nécessité de bâtir une réponse communautaire fondée sur la confiance, le dialogue et la participation citoyenne. Les échanges ont permis aux participants d'exprimer leurs préoccupations, de poser leurs questions et de recevoir des réponses adaptées de la part des facilitateurs, dans une approche privilégiant l'écoute et la proximité avec les communautés.
Les responsables de la SOFEJEP soulignent enfin que chaque geste responsable, chaque alerte précoce, chaque respect des mesures barrières et chaque initiative de sensibilisation peuvent contribuer à sauver des vies et à accélérer la fin de cette nouvelle flambée d'Ebola.
La cérémonie de clôture a été marquée par la remise des brevets de participation aux bénéficiaires. Ces attestations ont été remises par les autorités locales de la base, en présence notamment du président de la société civile de Bulengera, John Paluku Kameta, venu encourager les nouveaux relais communautaires à poursuivre leur mission de sensibilisation auprès des populations.
À travers cette initiative, la SOFEJEP et son partenaire, le Fonds pour les Femmes Congolaises, réaffirment leur volonté de placer les communautés au cœur de la riposte contre Ebola, convaincus que l'information de proximité, la responsabilisation citoyenne et l'engagement des leaders locaux demeurent des leviers essentiels pour protéger les populations et mettre fin à l'épidémie.
Reportage Ghislain Lukambo, depuis Butembo