La ville de Butembo dispose désormais d’un laboratoire dédié au diagnostic de la maladie à virus Ebola. La nouvelle a été annoncée ce samedi 22 août 2026 par la ministre provinciale de la Santé, Prisca Luanda Kamala, lors de l’installation officielle de cette structure, en présence du coordonnateur national de la riposte contre Ebola, le professeur Steve. Cette infrastructure est présentée comme un renforcement important du dispositif de surveillance et de prise en charge de l’épidémie dans une ville considérée comme l’un des principaux foyers de la maladie au Nord-Kivu.
La mise en service de ce laboratoire intervient dans un contexte marqué par la poursuite de la riposte contre la maladie à virus Ebola. Pour les autorités sanitaires, la disponibilité d’une capacité locale de diagnostic devrait permettre de renforcer la surveillance épidémiologique et de faciliter l’identification des cas suspects, alors que la circulation du virus continue de susciter la vigilance dans la région.
Lors de l’installation de cette structure, la ministre provinciale de la Santé, Prisca Luanda Kamala, a insisté sur la nécessité d’une mobilisation collective. Elle rappelle que les efforts des équipes médicales ne peuvent produire pleinement leurs effets sans l’implication de la population dans le respect des mesures de prévention.
« L’installation de ce laboratoire constitue une étape importante dans le renforcement de notre dispositif de riposte contre la maladie à virus Ebola à Butembo. Notre ville reste particulièrement concernée par cette épidémie et nous devons donc renforcer la surveillance, le dépistage et la prise en charge. Mais les infrastructures sanitaires, aussi importantes soient-elles, ne suffisent pas à elles seules. Nous avons besoin d’une véritable prise de conscience collective. Chaque habitant doit comprendre que la prévention est l’affaire de tous. Nous appelons donc la population à respecter les consignes des autorités sanitaires, à signaler rapidement tout cas suspect et à éviter les comportements qui peuvent favoriser la propagation du virus. La lutte contre Ebola nécessite la collaboration entre les services de santé, les autorités et la communauté », a déclaré Prisca Luanda Kamala, coordonnatrice provinciale de la Santé, lors de l’installation du laboratoire.
La société civile de Butembo appelle également la population à ne pas relâcher les efforts en matière d’hygiène. Pour Mathe Saanane, président de la société civile de Butembo, la prévention doit demeurer au centre de la riposte, notamment à travers l’adoption des gestes simples permettant de réduire les risques de contamination.
Il invite notamment les habitants à renforcer le lavage régulier des mains et à respecter les différentes recommandations communiquées par les équipes de santé.
« Nous saluons l’installation de ce laboratoire parce qu’elle vient renforcer les capacités de la ville dans la lutte contre Ebola. Mais nous devons rappeler à la population que la présence d’un laboratoire ne signifie pas que le danger a disparu. La prévention doit continuer dans les familles, dans les marchés, dans les lieux de rassemblement, dans les écoles et partout où les habitants se retrouvent. Nous demandons à chacun de renforcer les mesures d’hygiène, particulièrement le lavage régulier des mains, et de rester attentif aux différents signes qui peuvent être signalés par les autorités sanitaires. La société civile appelle également la population à collaborer avec les équipes de riposte et à ne pas céder aux rumeurs, car dans une période d’épidémie, une information fausse peut rapidement créer la panique ou compromettre les efforts de prévention », a indiqué Mathe Saanane, président de la société civile de Butembo.
Au sein de la jeunesse, la nécessité de protéger les personnes directement engagées dans la riposte est également mise en avant. Frank Mukenzi, représentant du Conseil urbain de la jeunesse, estime que la lutte contre Ebola doit prendre en compte les conditions de travail des agents mobilisés sur le terrain. Pour lui, ces travailleurs constituent un maillon essentiel du dispositif de riposte et doivent bénéficier d’un accompagnement adéquat afin de pouvoir accomplir leur mission dans de bonnes conditions.
« Nous devons certes renforcer les capacités techniques de la riposte, comme cela vient d’être fait avec l’installation de ce laboratoire, mais nous devons également penser aux hommes et aux femmes qui sont derrière cette riposte. Le personnel engagé dans la lutte contre Ebola travaille dans un contexte qui peut être difficile et qui comporte des risques. Il est donc nécessaire d’améliorer sa prise en charge, de veiller à sa sécurité et de lui fournir les moyens nécessaires pour accomplir correctement sa mission. Nous appelons les autorités et les partenaires à accorder une attention particulière à ces agents. La population, de son côté, doit aussi comprendre que les équipes de riposte ne sont pas ses adversaires. Elles sont là pour protéger la communauté. Leur collaboration avec les habitants est indispensable pour contenir l’épidémie », a plaidé Frank Mukenzi, représentant du Conseil urbain de la jeunesse de Butembo.
L’installation de ce laboratoire intervient donc comme un nouvel élément dans le dispositif de riposte contre Ebola à Butembo. Elle devrait contribuer au renforcement des capacités locales en matière de diagnostic, de surveillance et d’orientation des cas suspects.
Les autorités sanitaires, la société civile et les représentants de la jeunesse convergent toutefois sur un point : la lutte contre Ebola ne repose pas uniquement sur les infrastructures médicales. Elle nécessite également l’engagement de la communauté, le respect des mesures d’hygiène, la circulation d’informations fiables et la protection du personnel mobilisé sur le terrain.
Alors que Butembo demeure sous haute vigilance sanitaire, les responsables appellent ainsi la population à ne pas baisser la garde et à poursuivre l’application des mesures de prévention afin de contribuer à interrompre la chaîne de transmission du virus.
Reportage Muhindo Deegusto, depuis Butembo.