Butembo : plus de 600 décès liés à Ebola à Butembo et Katwa, la riposte mise sur une meilleure détection des cas

Butembo : plus de 600 décès liés à Ebola à Butembo et Katwa, la riposte mise sur une meilleure détection des cas

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Ghislain Lukambo

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L’épidémie de maladie à virus Ebola continue de lourdement affecter les populations des zones de santé de Butembo et Katwa. Au total, 715 cas ont été enregistrés dans ces deux zones de santé, dont 490 décès, selon les données présentées ce lundi 14 septembre 2026 devant la presse de Butembo par les médecins chefs de zone. Derrière ces chiffres préoccupants, les responsables sanitaires évoquent toutefois une meilleure détection des malades et une collaboration accrue de la population avec les équipes de riposte.

Dans la zone de santé de Butembo, 228 cas ont été enregistrés, dont 157 décès, selon le médecin chef de zone, le Dr Pablo Paluku Lwanzo. À Katwa, le bilan communiqué par le Dr Mukoko Kamale fait état de 487 cas, dont 333 décès.

Ces statistiques pourraient laisser croire à une aggravation continue de la situation épidémiologique. Les responsables sanitaires expliquent cependant que l’augmentation du nombre de cas enregistrés traduit également une amélioration de la capacité des équipes à identifier les malades qui, auparavant, pouvaient échapper au système de surveillance et de prise en charge. Cette meilleure détection permettrait également de suivre plus efficacement les chaînes de transmission.

Les médecins chefs de zone signalent en outre une évolution positive dans les rapports entre les communautés et les équipes de riposte. La résistance à certaines mesures de prise en charge serait en baisse, avec davantage de collaboration de la population pour le signalement des cas suspects et l’orientation des malades vers les structures appropriées.

Le docteur Pablo Paluku Lwanzo souligne également l’appui de l’Ouganda dans le dispositif de riposte. Un centre de traitement et de prise en charge d’Ebola doit prochainement devenir fonctionnel sur le site de l’ITAV à Butembo. Les experts ougandais sont arrivés avec un laboratoire destiné à renforcer les capacités locales de diagnostic.

« Nous avons aujourd’hui un dispositif qui nous permet de détecter les cas beaucoup plus rapidement. Avec l’appui des experts ougandais et le laboratoire qui accompagne la riposte, les résultats peuvent être disponibles après environ quatre heures et, dans certaines situations d’urgence, ce délai peut être réduit jusqu’à cinquante minutes. C’est un élément important parce que plus vite nous connaissons le résultat, plus vite nous pouvons orienter le malade, l’isoler lorsqu’il est nécessaire et rechercher les personnes qui ont été en contact avec lui. Cette capacité de diagnostic rapide nous permet donc d’améliorer le suivi de la chaîne de transmission et de renforcer la prise en charge », explique le docteur Pablo Paluku Lwanzo.

Face aux rumeurs qui circulent sur la prise en charge des malades, les responsables sanitaires appellent par ailleurs la population à ne pas céder à la désinformation. Ils rejettent notamment les accusations faisant état d’une volonté présumée de certains professionnels de santé de provoquer volontairement la mort des patients. Les médecins rappellent leur engagement à protéger la vie et à soigner les personnes affectées par la maladie.

Les équipes de riposte insistent ainsi sur la nécessité de maintenir la confiance entre la communauté et les professionnels de santé. Elles encouragent la population à signaler rapidement tout cas suspect, à accepter la prise en charge proposée et à éviter la propagation de rumeurs susceptibles de compromettre les efforts de lutte contre Ebola.

Alors que les bilans demeurent lourds à Butembo et Katwa, les responsables sanitaires estiment que la collaboration de la communauté reste l’un des principaux leviers pour interrompre les chaînes de transmission et améliorer l’efficacité de la riposte.

Degusto Muhindo, depuis Butembo.

Tags : # Actualité # Butembo # Nord-Kivu # RDC

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