À l’occasion de la Journée mondiale des micros, petites et moyennes entreprises (MPME), célébrée le 27 juin de chaque année, plusieurs jeunes entrepreneurs de la ville de Butembo ont partagé leurs expériences, mettant en lumière les nombreuses difficultés auxquelles ils sont confrontés au quotidien. Entre difficultés d’accès aux financements, multiplicité des taxes, déficit énergétique et contexte sécuritaire préoccupant, ces jeunes chefs d’entreprise reconnaissent évoluer dans un environnement complexe. Malgré tout, ils affirment leur volonté de poursuivre leurs activités et invitent d’autres jeunes à se lancer dans l’entrepreneuriat.
Dans cette ville réputée pour son dynamisme commercial, les micros, petites et moyennes entreprises constituent un véritable moteur de l’économie locale. Elles génèrent des emplois, stimulent l’innovation et participent à la transformation de plusieurs filières de production. Toutefois, leur développement demeure freiné par des contraintes structurelles qui limitent leur compétitivité et leur capacité de croissance.

Responsable de l'entreprise Alnet Kivu, spécialisée dans le lavage à sec, le pressing et le repassage, Prince Wasi explique que son activité est régulièrement perturbée par les coupures répétitives d'électricité et la situation sécuritaire qui affecte la région.
« Notre entreprise dépend énormément de l'énergie électrique pour faire fonctionner les machines de lavage, de séchage et de repassage. Malheureusement, les coupures de courant sont fréquentes et nous obligent parfois à interrompre le travail ou à recourir à des solutions plus coûteuses. À cela s'ajoute l'insécurité qui décourage certains clients et complique les déplacements. Malgré ces difficultés, nous continuons à travailler parce que nous croyons au potentiel économique de Butembo et nous sommes convaincus que la persévérance finit toujours par porter ses fruits », témoigne-t-il.
Les difficultés de financement figurent également parmi les principales préoccupations des jeunes entrepreneurs. À la tête d'une unité de transformation de l'arachide en beurre d'arachide, Joviale Nzenda estime que l'absence de crédits adaptés constitue un frein majeur au développement de nombreuses initiatives entrepreneuriales.
« Nous avons des projets d'extension, mais nous sommes limités par le manque de moyens financiers. Les banques exigent souvent des garanties que les jeunes entrepreneurs ne possèdent pas. Nous avons également besoin de machines modernes pour améliorer notre production et répondre à la demande du marché. Malgré cela, je voudrais encourager les jeunes à ne pas avoir peur d'entreprendre. Butembo reste une ville d'opportunités où chacun peut réussir avec de la détermination, de la discipline et beaucoup de courage », affirme-t-elle.
Pour sa part, Evariste Samoya estime que la pression fiscale constitue un autre obstacle à l'émergence des jeunes entreprises. Selon lui, les multiples taxes réduisent considérablement les bénéfices des entrepreneurs qui débutent leurs activités avec des capitaux souvent modestes.
« Nos entreprises démarrent généralement avec de faibles capitaux. Lorsque nous sommes confrontés à plusieurs taxes dès les premières étapes de notre activité, il devient difficile d'investir, d'embaucher ou de développer nos entreprises. Nous demandons aux autorités d'envisager des mesures d'allègement fiscal ou même des exonérations temporaires pour les jeunes entrepreneurs afin de leur permettre de consolider leurs activités avant de supporter pleinement les charges fiscales », plaide-t-il.
Malgré ces nombreuses contraintes, les jeunes entrepreneurs rencontrés par la RTEE restent optimistes quant à l'avenir des micros, petites et moyennes entreprises dans la ville de Butembo. Ils estiment que l'esprit entrepreneurial continue de gagner du terrain chez les jeunes et que, moyennant un meilleur accompagnement des pouvoirs publics, un accès facilité aux financements, une amélioration du climat sécuritaire et des réformes fiscales adaptées, les PME pourraient jouer un rôle encore plus important dans la création d'emplois et le développement économique de la région.
Il convient de rappeler que la Journée mondiale des micros, petites et moyennes entreprises est célébrée chaque 27 juin. Instituée pour mettre en valeur la contribution des PME au développement économique, elle rappelle également les nombreux défis auxquels ces entreprises sont confrontées et la nécessité de renforcer les politiques publiques en leur faveur afin de favoriser leur croissance et leur résilience.