À une semaine de la manifestation annoncée par la coalition Article 64 pour la défense de l'ordre constitutionnel, les activités de mobilisation s'intensifient à Butembo. Les partis politiques membres de cette plateforme multiplient les séances de sensibilisation afin d'encourager la participation de leurs militants à la marche prévue le 22 juillet. Pendant ce temps, les discussions se poursuivent également au sein de la majorité présidentielle autour de l'annonce d'une manifestation organisée le même jour par certaines composantes de l'Union sacrée.
Sur le terrain, les responsables des partis de l'opposition réaffirment leur volonté de maintenir la marche telle qu'annoncée. Selon eux, cette initiative vise à défendre l'ordre constitutionnel et à exprimer leur opposition à toute démarche de révision ou de changement de la Constitution.
À Butembo, le porte-parole de l'Engagement pour la Citoyenneté et le Développement (ECiDé), Achille Mbundu, assure que les membres de la coalition Article 64 poursuivent les campagnes de sensibilisation auprès de la population afin de garantir une forte mobilisation le jour de la manifestation.
« Notre objectif est de sensibiliser les citoyens sur l'importance de la défense de l'ordre constitutionnel. Nous poursuivons nos activités de mobilisation dans le strict respect des lois de la République et nous restons déterminés à organiser cette manifestation du 22 juillet. Nous invitons tous les Congolais attachés aux principes démocratiques à participer de manière responsable et pacifique afin de faire entendre leur voix sur cette question d'intérêt national », a déclaré Achille Mbundu, porte-parole de l'ECiDé à Butembo.
L'opposition s'interroge également sur la capacité de certaines composantes de l'Union sacrée à organiser, à la même date, une manifestation de soutien à une éventuelle révision constitutionnelle, telle qu'évoquée par le secrétaire permanent de cette plateforme, le professeur André Mbata. Entre-temps, des divergences apparaissent au sein de la majorité présidentielle. L'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), principale composante de l'Union sacrée, a annoncé qu'elle ne participera pas à cette manifestation. Son secrétaire général, Augustin Kabuya, a indiqué que son parti préfère éviter toute situation susceptible de créer des tensions et a appelé la Police nationale congolaise à garantir la sécurité des participants à la marche de l'opposition.
De son côté, le professeur André Mbata a tenu à préciser que l'Union sacrée regroupe plusieurs centaines de partis et regroupements politiques et que les déclarations d'une seule composante ne sauraient engager l'ensemble de la plateforme.
« L'Union sacrée est une plateforme politique composée de nombreuses formations politiques qui conservent chacune leur autonomie d'appréciation. Les différentes positions exprimées par certaines composantes ne remettent pas en cause l'existence ni le fonctionnement de la plateforme. Chaque acteur politique demeure libre de s'exprimer dans le respect des textes qui régissent notre regroupement ainsi que des lois de la République », a expliqué André Mbata, secrétaire permanent de l'Union sacrée.
À quelques jours de cette échéance, majorité et opposition poursuivent leurs préparatifs respectifs. Les autorités sont, quant à elles, appelées à garantir l'exercice des libertés publiques ainsi que le maintien de l'ordre, afin que les différentes activités annoncées puissent se dérouler dans un climat apaisé et dans le respect des dispositions légales.
La journée du 22 juillet s'annonce ainsi comme un rendez-vous politique important, au moment où le débat autour de l'avenir des institutions et de l'ordre constitutionnel continue d'alimenter les discussions sur la scène politique congolaise.