La note circulaire du gouverneur de la province du Nord-Kivu interdisant la circulation des véhicules lourds à quatre essieux sur les routes en chantier suscite déjà des inquiétudes chez les transporteurs de la ville commerciale de Butembo, qui redoutent une hausse des prix de certains produits sur les marchés.
Le président de l’Union des propriétaires des véhicules (UPV) de Butembo, Musubao Gaston, estime que cette décision pourrait avoir des répercussions sur le coût du transport et, par conséquent, sur le panier de la ménagère.
« Lorsque vous limitez la circulation des véhicules capables de transporter de grandes quantités de marchandises, cela va automatiquement augmenter le coût du transport. Et si le coût du transport augmente, les prix des produits sur le marché vont aussi suivre cette hausse », a-t-il déclaré.
Tout en reconnaissant l’importance de préserver les routes en pleine réhabilitation, le responsable de l’UPV appelle les autorités provinciales à accompagner cette mesure par des dispositions d’allègement fiscal en faveur des transporteurs.
« Si le gouvernement provincial veut que cette mesure n’affecte pas la population, il doit penser à supprimer ou réduire certaines taxes que paient les transporteurs. Cela permettra de compenser les pertes liées à la limitation du tonnage et de la circulation des véhicules lourds », a ajouté Musubao Gaston.
L’UPV propose également des ajustements techniques pour faciliter la circulation sur l’axe Butembo–Beni, actuellement concerné par les travaux.
« Nous demandons à l’entreprise Dott Services d’aplanir certaines courbures observées sur la route Butembo–Beni et de veiller aussi à l’entretien des routes de déviation. Cela permettra aux transporteurs de continuer leurs activités sans trop de difficultés », a-t-il suggéré.
Pour rappel, le gouverneur du Nord-Kivu, le général-major Kakule Somo Evariste, a signé le 9 mars une note circulaire interdisant la circulation des véhicules lourds à quatre essieux sur les routes en pleine réhabilitation, notamment sur l’axe Butembo–Beni.
Selon ce document, la mesure vise à protéger les routes en chantier et à garantir la durabilité des travaux en cours. Elle concerne notamment les véhicules transportant des conteneurs ainsi que les châssis localement modifiés appelés « box body », dont le tonnage dépasse les normes autorisées.
Par Moise NDUNGO