En cette période de vacances scolaires, la circoncision des enfants d’âge scolaire est une pratique qui connaît une attention particulière de la part de nombreux parents à Butembo. Si cette intervention est souvent réalisée pour des raisons culturelles, religieuses, hygiéniques ou esthétiques, les professionnels de santé insistent sur la nécessité de privilégier un cadre médical sécurisé afin de réduire les risques de complications. Pour Kakule Salumu Adalbert, infirmier à l’Hôpital Général de Référence de Kitatumba, la période la plus appropriée pour pratiquer une circoncision sur un nourrisson se situe, selon les recommandations médicales qu’il rapporte, entre le cinquième jour après la naissance et les trois premiers mois de vie.
L’infirmier encourage ainsi les parents qui souhaitent faire circoncire leurs enfants à ne pas confier cette intervention à des personnes non qualifiées. Il rappelle que la maîtrise des techniques médicales, notamment celles liées à l’anesthésie, à l’hygiène et à la prévention des complications, constitue un élément essentiel de la sécurité de l’enfant. Pour lui, la circoncision ne devrait donc pas être considérée comme un simple acte pouvant être réalisé par n’importe quelle personne, mais comme une intervention nécessitant des compétences appropriées.
« La circoncision présente certains avantages lorsqu’elle est réalisée dans de bonnes conditions médicales. Elle peut notamment contribuer à limiter certaines infections et elle peut également être considérée sous les aspects de l’hygiène et de l’esthétique. Mais nous insistons surtout sur le fait que cette intervention doit être pratiquée par des personnes formées. Pour le nourrisson, la période que nous considérons comme favorable se situe entre le cinquième jour après la naissance et les trois premiers mois. Cela permet notamment de réaliser l’intervention dans des conditions adaptées à cet âge. Nous demandons donc aux parents de ne pas exposer leurs enfants aux risques liés aux pratiques de personnes qui ne disposent pas de la formation nécessaire. La circoncision reste un acte médical qui doit être réalisé dans un environnement propre, avec du matériel approprié et par un professionnel capable de prendre en charge d’éventuelles complications. »
Selon Kakule Salumu Adalbert, l’un des éléments qui justifient le recours à un professionnel formé concerne également la gestion de la douleur et l’utilisation de l’anesthésie. Une mauvaise appréciation de la dose ou une technique inappropriée pourrait exposer l’enfant à des complications. D’où son appel aux parents à privilégier les structures sanitaires reconnues plutôt que les interventions pratiquées dans des conditions incertaines.
« Il faut vraiment éviter de confier cette pratique aux charlatans. Les infirmiers et les médecins qui sont formés dans ce domaine connaissent les différentes étapes de l’intervention, les règles d’hygiène à respecter et surtout la manière de prendre en charge l’enfant. Ils savent également comment utiliser l’anesthésie et déterminer la quantité qui convient en fonction de la situation. Ce sont des éléments qui ne doivent pas être négligés. Le parent peut avoir l’intention de faire circoncire son enfant pour des raisons qui lui sont propres, mais il doit également penser à la sécurité de cet enfant. Nous recommandons donc de se rendre dans une structure de santé et de consulter un professionnel qualifié avant toute intervention. »
Cette sensibilisation intervient alors que plusieurs parents profitent des vacances scolaires pour faire circoncire leurs enfants d’âge scolaire. Le message des professionnels de santé reste donc centré sur la prudence et sur le choix d’un personnel compétent afin de réduire les risques liés à une pratique réalisée dans de mauvaises conditions.
Dans la suite de ce dossier, la RTEE KIVU reviendra sur une autre dimension de la circoncision : que disent les Saintes Écritures au sujet de cette pratique ? Un volet consacré à la dimension religieuse et scripturaire de la circoncision sera prochainement proposé à nos auditeurs.
Dossier : Babakar Vikwa, depuis Butembo