Les victimes des manifestations anti-MONUSCO ont porté plainte pour crimes contre l'humanité devant la Cour de cassation et l'Auditorat général des FARDC. À en croire Gérôme Malule Kasereka, porte-parole de ce collectif des victimes, la plainte a été déposée ce vendredi 25 septembre 2026, par un collectif d'avocats conseils.
Selon Gérôme Malule Kasereka, les plaignants dénoncent des faits qualifiés de crimes contre l'humanité et de crimes de guerre, consécutifs aux incidents sanglants survenus le 26 juillet 2022 à Butembo, attribués aux Casques bleus de la MONUSCO.
« Nous avons déposé cette plainte pour des faits que nous qualifions de crimes contre l'humanité et de crimes de guerre, en lien avec les incidents sanglants survenus le 26 juillet 2022 ici même à Butembo, et attribués aux Casques bleus de la MONUSCO. Ces faits ne peuvent rester impunis, et c'est pourquoi nous avons décidé de porter cette affaire devant la Cour de cassation et l'Auditorat général des FARDC », a déclaré Gérôme Malule Kasereka au micro de Ghislain Lukambo.
Dans le cadre de cette procédure judiciaire, le porte-parole du collectif des victimes appelle la population de Butembo à soutenir cette action en justice, en apportant toutes les preuves possibles susceptibles de charger les responsables présumés de ces crimes.
« Nous appelons la population à soutenir cette action judiciaire, en apportant toutes les preuves possibles qu'elle détient, que ce soit des témoignages, des images ou tout autre élément susceptible de charger les criminels et de faire triompher la vérité », a-t-il ajouté.
Face à cette action judiciaire, Gérôme Malule Kasereka estime que la République Démocratique du Congo devrait se ranger du côté de son peuple pour soutenir la vérité, plutôt que de se ranger aux côtés de son partenaire, la MONUSCO.
« Face à cette action judiciaire, nous recommandons que la République Démocratique du Congo se range du côté du peuple pour soutenir la vérité, et non aux côtés de son partenaire qu'est la MONUSCO. Justice doit être rendue aux familles de nos morts », a-t-il conclu.
Pour rappel, onze personnes avaient été tuées par des balles tirées depuis la base de la MONUSCO à Bel-Air, en marge des manifestations populaires exigeant le départ de la Mission onusienne de la ville de Butembo. Quatre ans après ce drame, les familles des victimes ont décidé de briser le silence et de mettre la justice congolaise à l'épreuve. Un collectif de cinq avocats a ainsi été constitué pour porter cette cause devant les instances judiciaires compétentes.
Ghislain Lukambo, depuis Butembo