À Butembo, les tenanciers des kiosques, étalages et parkings dits pirates ne semblent pas prêts à libérer leurs emplacements, à la veille de l’expiration de l’ultimatum lancé par la Police nationale congolaise. Publié le 5 septembre 2026, cet ultimatum vise notamment à assainir et à aérer les principales artères de la ville. Mais sur le terrain, plusieurs petits commerçants restent en activité et contestent la manière dont cette mesure est appliquée.
Parmi eux, Elisée Sivaminywa estime que les autorités devraient d’abord tenir compte des engagements pris précédemment par le maire de la ville, notamment celui de recenser les kiosques et étalages avant d’envisager leur déguerpissement. Il demande également que des espaces appropriés soient identifiés afin de permettre aux petits commerçants de poursuivre leurs activités dans un cadre réglementé.
« Nous demandons au maire de la ville de commencer par faire le recensement des kiosques et des étalages, comme cela avait été promis, puis de mettre à notre disposition un espace où nous pouvons exercer nos activités. Il faut éviter de nous déguerpir de manière forcée sans avoir prévu une autre solution, parce que derrière ces petits kiosques, il y a plusieurs familles qui dépendent de ces activités pour vivre. Les autorités doivent aussi regarder le nombre de personnes et de bouches que ces petits commerces font vivre avant de prendre une décision définitive », a dit Elisée Sivaminywa.
Le tenancier appelle ainsi les autorités municipales à privilégier le dialogue afin de trouver un compromis entre l’objectif d’assainissement de la ville et la nécessité de préserver les activités économiques des petits commerçants.

Exemple des kiosques sommés de dégager sur rue Kinshasa
Selon lui, les deux parties peuvent parvenir à une solution qui permette à la ville de rester propre et dégagée tout en évitant de mettre brutalement fin aux moyens de subsistance des personnes concernées.
« Nous demandons aux responsables de privilégier le dialogue avec nous. Nous ne sommes pas contre l’assainissement de la ville, mais il faut trouver une solution qui arrange les deux parties. Si les autorités nous indiquent clairement où nous devons aller et mettent à notre disposition des espaces convenables, nous pouvons nous organiser. Ce que nous refusons, c’est d’être chassés sans aucune alternative, alors que nous avons des familles à nourrir et que ces petits commerces constituent notre principale source de revenus », a insisté Elisée Sivaminywa.
Pour rappel, l’ultimatum de la Police nationale congolaise avait été publié le 5 septembre dernier. Il concerne notamment l’évacuation des kiosques et des parkings pirates dans le cadre des mesures destinées à assainir et à aérer la ville de Butembo.

kiosque sur Rue d'ambiance
À l’approche de son expiration, la question reste donc de savoir comment les autorités vont concilier l’application de cette mesure avec les préoccupations des petits commerçants concernés.
Esperanza Sindani, depuis Butembo.