À quelques jours du début de la saison de ramassage des sauterelles, prévue entre novembre et début décembre, l’installation des pièges en tôle sur les toits de certains bâtiments du centre-ville de Butembo suscite déjà des inquiétudes. Des commerçants dénoncent la présence d’insectes appelés « Ekonda », qui provoqueraient des démangeaisons et des brûlures cutanées. Ils appellent les autorités compétentes à interdire ces installations à proximité des boutiques et des lieux de travail.
Dans plusieurs endroits de la ville, des charpentiers s’activent déjà pour installer ces pièges à la demande des personnes qui souhaitent profiter de cette activité saisonnière. Toutefois, les commerçants installés à proximité redoutent les conséquences de la présence des insectes parasites qui accompagnent les sauterelles. « Nous demandons aux autorités de prendre cette situation au sérieux et d’interdire l’installation des pièges au centre-ville. Les insectes qui les accompagnent envahissent nos lieux de travail et provoquent des démangeaisons ainsi que des brûlures sur la peau. Il serait préférable que ces installations soient placées loin des boutiques et des habitations », déplore un commerçant.
Le dermatologue Triphatie Sindani, des cliniques Belle Vue de Butembo et de Bunia, confirme les préoccupations liées aux insectes appelés « Ekonda ». Selon ce spécialiste, ces petits insectes accompagnent les sauterelles et peuvent provoquer des réactions cutanées au contact de la peau.
« Pendant la saison des sauterelles, la population doit également faire attention aux petits insectes qui les accompagnent. Les Ekonda peuvent provoquer des démangeaisons et des lésions cutanées chez les personnes exposées. Il est donc important de prendre des précautions pour éviter tout contact susceptible d’entraîner des problèmes de peau », explique le docteur Triphatie Sindani.
La coïncidence entre cette saison et l’épidémie de la maladie à virus Ebola dans la région soulève également des interrogations sur les risques liés à la consommation des sauterelles. Le docteur Gloire Muthwe, spécialiste en santé publique, indique qu’aucune étude scientifique n’a, à ce jour, démontré que les sauterelles transmettent le virus Ebola. Il met cependant en garde contre celles capturées à l’aide de pesticides.
« À notre connaissance, aucune étude scientifique n’a démontré que les sauterelles transmettent le virus Ebola. Toutefois, la population doit éviter de consommer celles qui ont été piégées à l’aide de pesticides, car ces produits chimiques peuvent présenter des risques pour la santé », prévient le docteur Gloire Muthwe.
Chaque année, entre novembre et le début du mois de décembre, la ville de Butembo connaît une intense activité de capture des sauterelles, qui constitue une source de revenus pour plusieurs familles. Face aux inquiétudes exprimées par les commerçants et aux risques sanitaires évoqués par les spécialistes, les habitants du centre-ville plaident pour la délocalisation des pièges loin des boutiques et des habitations. Ils attendent une réaction des services compétents afin de concilier cette activité saisonnière avec la protection de la santé publique.
Ghislain Lukambo à Butembo