Les laveurs de véhicules et de motos à Butembo sont quotidiennement exposés à des eaux usées, des détergents, des hydrocarbures et diverses substances polluantes susceptibles d’affecter leur santé. Cette exposition prolongée pourrait notamment favoriser des problèmes cutanés, des infections bactériennes ainsi que certaines maladies liées à la mauvaise qualité de l’eau. L’alerte est lancée par le chercheur en santé publique Pascal Bailanda Mumbere, Chef de travaux et docteur à l’UCG, dans un entretien accordé ce samedi 22 août 2026 à la RTEE Kivu.
Dans les différents espaces de lavage, ces travailleurs passent de longues heures en contact direct avec l’eau et différents produits utilisés pour nettoyer les véhicules et les motos. Une situation qui, selon ce spécialiste, nécessite davantage de précautions, particulièrement lorsque les activités sont exercées sans équipements de protection adaptés.
Le CT Pascal Bailanda Mumbere explique que les eaux utilisées dans certains sites de lavage peuvent être contaminées par des détergents, des huiles, des carburants, des métaux et d’autres substances polluantes. Le contact répété avec ces produits, combiné à l’utilisation de certains savons agressifs, peut fragiliser la peau, provoquer des irritations et créer des conditions favorables à certaines infections bactériennes.
« Les laveurs de véhicules et de motos sont exposés quotidiennement à plusieurs facteurs de risque, parce qu’ils travaillent pendant de longues heures dans l’eau et qu’ils manipulent différents produits chimiques. Les eaux provenant du lavage peuvent contenir des détergents, des hydrocarbures issus des huiles et des carburants, mais également d’autres substances polluantes. Lorsque la peau est régulièrement exposée à ces produits, elle peut être irritée et perdre progressivement sa capacité de protection, ce qui peut favoriser certaines infections. Il est donc important que les laveurs prennent conscience de ces risques et qu’ils ne considèrent pas leur activité uniquement comme une source de revenus, mais également comme un travail qui nécessite des mesures de protection. Le port des bottes en caoutchouc, des gants, des tabliers ou des pantalons imperméables peut contribuer à réduire considérablement le contact direct avec ces substances », a expliqué le CT Pascal Bailanda Mumbere, chercheur en santé publique, dans un entretien avec la RTEE Kivu.
Au-delà des problèmes dermatologiques, le chercheur attire également l’attention sur les risques infectieux et parasitaires auxquels peuvent être exposés les laveurs, notamment lorsque ceux-ci utilisent des eaux provenant de rivières non aménagées ou susceptibles d’être contaminées. Une mauvaise qualité de l’eau peut constituer un facteur supplémentaire d’exposition à différentes maladies.
Le spécialiste pointe également du doigt les conditions d’aménagement de certains lieux de lavage. Les eaux usées qui ne sont pas correctement évacuées peuvent s’accumuler autour des espaces de travail et former des zones stagnantes. Ces dernières peuvent, à leur tour, favoriser la multiplication des moustiques, avec des conséquences possibles sur la santé des travailleurs et des personnes fréquentant ces endroits.
Pour limiter ces différents risques, le CT Pascal Bailanda Mumbere recommande aux laveurs, hommes comme femmes, de renforcer les mesures de prévention. Il préconise notamment le port systématique d’équipements de protection individuelle adaptés, particulièrement lorsque le travail implique un contact prolongé avec l’eau et les produits chimiques.
« La prévention doit commencer sur le lieu de travail. Les laveurs doivent autant que possible utiliser des bottes en caoutchouc pour éviter le contact prolongé des pieds avec les eaux contaminées, porter des gants, des tabliers ou des pantalons imperméables et, dans certaines situations où il existe un risque de projection, utiliser également des lunettes de protection. Après le travail, il est important de se laver correctement avec de l’eau propre et du savon afin d’éliminer les substances qui peuvent rester sur la peau. Mais la responsabilité ne revient pas uniquement aux travailleurs. Les lieux de lavage doivent aussi être améliorés, notamment par la mise en place de systèmes permettant de canaliser et d’évacuer correctement les eaux usées. Cela permettra d’éviter la formation des eaux stagnantes et de réduire certains risques sanitaires. Enfin, nous encourageons ces travailleurs à consulter régulièrement les établissements de santé pour un dépistage volontaire et une prise en charge précoce lorsqu’un problème de santé est constaté », a ajouté le CT Pascal Bailanda Mumbere, interrogé par les reporters de la RTEE Kivu.
Dans ce contexte, l’amélioration des conditions de travail apparaît comme un enjeu important pour cette catégorie de travailleurs souvent exposée à des risques sanitaires dans l’exercice quotidien de son métier. Le respect des mesures d’hygiène, l’utilisation d’équipements de protection et l’aménagement adéquat des espaces de lavage pourraient contribuer à réduire leur exposition aux eaux contaminées et aux produits chimiques.
Le spécialiste appelle ainsi les laveurs de véhicules et de motos à ne pas attendre l’apparition des symptômes avant de prendre des précautions. Une attention particulière devrait être accordée aux irritations persistantes de la peau, aux blessures qui tardent à cicatriser ou à tout autre signe inhabituel pouvant nécessiter une consultation médicale.
Le CT Pascal Bailanda Mumbere insiste enfin sur la nécessité d’une collaboration entre les travailleurs, les responsables des sites de lavage et les autorités compétentes afin d’améliorer l’assainissement de ces espaces et de promouvoir des conditions de travail plus sûres.
Dossier : Angel Kavuya et Ghislain Lukambo.