À Butembo, les professionnels des médias ont anticipé la célébration de la Journée internationale de la liberté de la presse à travers une série d’activités organisées ce samedi 2 mai 2026. Une initiative qui a combiné engagement citoyen, renforcement des capacités et réflexion sur les défis du journalisme à l’ère numérique.
La journée a débuté par un salongo, une activité communautaire consistant en des travaux d’intérêt public. Les journalistes se sont mobilisés pour réhabiliter un tronçon dégradé de l’avenue du Centre, illustrant ainsi leur volonté de contribuer activement au bien-être de la communauté.
« Nous ne sommes pas seulement des observateurs de la société, nous en sommes aussi des acteurs », a déclaré un participant, pelle à la main.
Après cette action de terrain, les activités se sont poursuivies par une conférence axée sur le renforcement des capacités professionnelles. Plusieurs thématiques liées à l’éthique, à la responsabilité du journaliste et aux exigences du métier ont été abordées devant plus d’une centaine de participants.
Prenant la parole, le vice-président de l’Union nationale de la presse du Congo/Butembo, Claude Muhindo Sengenya, est revenu sur la portée symbolique de cette journée.
« La liberté de la presse est un pilier fondamental de toute démocratie. Mais elle implique aussi des responsabilités que chaque journaliste doit assumer pleinement », a-t-il souligné.
Il a également insisté sur la nécessité de promouvoir un journalisme professionnel et crédible dans un contexte marqué par la prolifération de l’information.
De son côté, le chercheur Ranulph Hangi a axé son intervention sur les infractions de presse à l’ère numérique. Dans un exposé pédagogique, il a mis en garde contre les dérives liées à l’utilisation des nouvelles technologies de l’information.
« Aujourd’hui, publier une information engage la responsabilité de son auteur, quel que soit le canal utilisé », a-t-il expliqué.
Il a notamment insisté sur les risques juridiques liés à la diffamation, à la propagation de fausses informations ou encore à l’incitation à la haine.
« Beaucoup de journalistes ignorent encore les implications légales de leurs publications en ligne. Il est crucial de se former pour éviter des sanctions parfois lourdes », a-t-il alerté.
Les échanges qui ont suivi ont permis aux participants de poser des questions et de partager leurs expériences, dans une dynamique d’apprentissage collectif.
« Cette conférence nous rappelle que la liberté d’informer doit toujours aller de pair avec le respect de la loi et de l’éthique », a réagi une journaliste présente.
Au total, plus d’une centaine de professionnels des médias ont pris part à ces activités, qui se sont clôturées dans une ambiance conviviale, marquée par des moments de partage et de solidarité.
« C’est une journée réussie, qui montre que les journalistes de Butembo sont engagés, solidaires et soucieux de leur profession », a conclu un organisateur.
À travers cette célébration anticipée, les journalistes de Butembo ont non seulement réaffirmé leur attachement à la liberté de la presse, mais aussi leur volonté de contribuer positivement à la société, tout en renforçant leurs compétences face aux défis du numérique.