Les fortes pluies qui se sont abattues sur la ville de Butembo dans la nuit de lundi à mardi continuent de produire leurs effets. Après les importantes inondations provoquées par le débordement de plusieurs rivières et ruisseaux, les professionnels de santé alertent sur un risque élevé de recrudescence des maladies hydriques et à transmission vectorielle, notamment la fièvre typhoïde, le paludisme, les maladies diarrhéiques et d'autres infections liées à l'insalubrité.
Selon plusieurs agents de santé interrogés ce mardi par la RTEE Kivu, les eaux de ruissellement ont envahi des habitations, des parcelles, des routes et des espaces publics, entraînant avec elles des déchets, des eaux usées et diverses matières susceptibles de contaminer les sources d'eau et l'environnement. Les habitants vivant à proximité des rivières et des zones inondables figurent parmi les plus exposés. Les médecins redoutent que la stagnation des eaux favorise la prolifération des moustiques, tandis que la contamination de l'eau de consommation pourrait entraîner une augmentation des cas de typhoïde, de diarrhée et d'autres maladies d'origine hydrique.
Le docteur Emery Kavunga, professionnel de santé, explique que les inondations constituent un facteur aggravant pour plusieurs maladies déjà présentes dans la région.
« Après une inondation, les risques sanitaires augmentent considérablement. Les eaux souillées favorisent la propagation de maladies comme la typhoïde, les diarrhées et le choléra lorsque les conditions d'hygiène sont insuffisantes. Par ailleurs, les eaux stagnantes deviennent des lieux de reproduction des moustiques responsables du paludisme. », a expliqué le docteur Emery Kavunga.
De son côté, docteur Muhindo Katirisa Jaspe, également professionnel de santé, appelle les populations touchées à prendre toutes les précautions nécessaires afin de limiter les risques de contamination. Il recommande notamment de consommer de l'eau potable ou préalablement bouillie, de se laver régulièrement les mains au savon, d'assainir les habitations envahies par les eaux et de consulter rapidement un centre de santé dès l'apparition des premiers symptômes.
« Les personnes dont les habitations ont été inondées ne doivent pas attendre que leur état de santé se détériore. En cas de fièvre, de diarrhée, de vomissements ou de tout autre signe suspect, il est important de consulter rapidement une structure sanitaire. L'hygiène demeure la première mesure de prévention. », a insisté docteur Muhindo Katirisa Jaspe
Face à cette situation, plusieurs ménages se sont mobilisés ce mardi pour nettoyer leurs parcelles, évacuer les boues, désinfecter les habitations et dégager les caniveaux obstrués. Des opérations d'assainissement ont également été observées sur certaines voies publiques et dans plusieurs quartiers affectés par les inondations.
Les professionnels de santé rappellent que les catastrophes naturelles de ce type exigent une vigilance particulière afin d'éviter une crise sanitaire secondaire. Ils invitent les autorités, les organisations communautaires et la population à poursuivre les travaux d'assainissement et à renforcer les campagnes de sensibilisation sur les bonnes pratiques d'hygiène.
À Butembo, où plusieurs quartiers restent vulnérables aux débordements des cours d'eau pendant les saisons pluvieuses, les médecins soulignent que la prévention demeure le moyen le plus efficace de limiter la propagation des maladies après les inondations. Ils appellent enfin les habitants à maintenir leur environnement propre et à signaler rapidement toute situation pouvant représenter un risque pour la santé publique.
Reportage Babacar Vikwa, depuis Butembo