Les cas d’éboulements de terrain deviennent de plus en plus récurrents dans la ville de Butembo, au Nord-Kivu. Cette situation inquiète plusieurs spécialistes de l’environnement et de la géologie, qui pointent du doigt à la fois les facteurs naturels et les activités humaines comme principales causes de ces catastrophes.
S’exprimant au lendemain d’un éboulement ayant fait des blessés dans un chantier situé en commune de Bulengera, le géologue et chercheur Kambale Maliva Thierry, enseignant à l’Institut Supérieur de Chimie Appliquée (ISCA/Butembo), a expliqué que la topographie particulière de la ville expose plusieurs zones à des risques élevés de glissements de terrain.
Selon lui, la nature du sol ainsi que les fortes pluies enregistrées à Butembo doivent être prises en compte avant toute construction d’infrastructures.
« La ville de Butembo est construite sur un relief montagneux. Certaines zones présentent des risques élevés à cause de la fragilité du terrain et des fortes pluies observées dans la région », a expliqué le chercheur.
L’expert dénonce également certaines pratiques humaines qui aggravent les risques d’éboulement, notamment la disparition progressive des arbres dans plusieurs quartiers de la ville. Selon lui, le déboisement réduit considérablement la stabilité des sols pendant la saison des pluies.
Face à cette situation, Kambale Maliva Thierry recommande la réalisation systématique des études géotechniques avant le lancement de tout projet de construction.
« Tous les terrains ne sont pas favorables à la construction. Les études géotechniques permettent d’évaluer la qualité du terrain et d’éviter les éventuels risques d’éboulement », a-t-il insisté.
Le géologue appelle également les autorités urbaines et les habitants au strict respect des normes de construction ainsi qu’à la protection de l’environnement afin de limiter les catastrophes naturelles dans la ville.
Avec l’intensification des pluies dans la région, plusieurs observateurs craignent une multiplication des incidents si des mesures préventives ne sont pas rapidement prises par les autorités compétentes et les propriétaires des parcelles à risque.