Dans un contexte marqué par la hausse du coût de la vie et les difficultés économiques auxquelles font face de nombreux ménages, le Professeur Docteur Paluku Wisoma Godefroid invite la population de Butembo à revoir sa manière de gérer ses revenus. Pour cet économiste et expert-comptable, l'épargne ne doit pas être considérée comme l'argent qui reste après les dépenses, mais comme une priorité à prévoir dès la perception du revenu.
Au cours d'un entretien accordé à la RTEE-KIVU, le spécialiste a dénoncé une conception largement répandue selon laquelle l'épargne ne serait possible que lorsque le revenu est suffisamment élevé ou lorsqu'il reste un surplus à la fin du mois. Selon lui, cette manière de penser empêche de nombreuses familles de constituer une réserve financière et les expose davantage aux imprévus.
Le professeur Paluku Wisoma estime que l'épargne est avant tout une question de discipline et de planification budgétaire, plutôt qu'une affaire de niveau de revenu. Même avec des ressources modestes, explique-t-il, il est possible de mettre de côté une petite somme à condition d'organiser ses dépenses et de distinguer les besoins essentiels des dépenses évitables.
« Beaucoup de personnes pensent qu'on épargne uniquement lorsqu'il reste de l'argent après toutes les dépenses. C'est une erreur qui empêche de progresser financièrement. L'épargne ne doit pas être un résidu, mais la première dépense à prévoir. Dès que le revenu est perçu, il faut réserver une partie, même modeste, avant d'engager les autres dépenses. Épargner est un acte de discipline et de prévoyance. C'est accepter de renoncer à certaines dépenses immédiates pour préparer l'avenir et faire face aux imprévus », a expliqué le Professeur Docteur Paluku Wisoma Godefroid, économiste et expert-comptable.
Face à la cherté de la vie, l'universitaire recommande aux ménages d'adopter une gestion rigoureuse de leurs finances. Il préconise notamment l'élaboration d'un budget familial, le suivi régulier des dépenses et la tenue d'une comptabilité domestique, des outils qui permettent d'identifier les postes de consommation pouvant être réduits et de dégager progressivement une capacité d'épargne. Selon lui, il n'est pas nécessaire de disposer de revenus importants pour commencer à épargner. La régularité des versements, même de faible montant, constitue un premier pas vers une meilleure sécurité financière et une plus grande autonomie économique.
« En période de crise économique, chaque franc compte. Il est indispensable de savoir où va son argent et de planifier chaque dépense. Une comptabilité domestique permet de distinguer les dépenses indispensables de celles qui peuvent être reportées ou supprimées. Même une épargne de 1 000 francs congolais, effectuée de façon régulière, peut produire des résultats à long terme. J'encourage tous les responsables de famille à adopter cette culture de la discipline financière afin de sécuriser l'avenir de leur ménage et de mieux faire face aux difficultés économiques », a ajouté le Professeur Docteur Paluku Wisoma Godefroid.
Le spécialiste estime que le développement d'une véritable culture de l'épargne constitue un levier important pour renforcer la résilience des ménages face aux crises économiques. Il appelle les familles, les jeunes et les entrepreneurs à intégrer la planification financière dans leur gestion quotidienne afin de construire progressivement une stabilité économique durable.