La multiplication des actes d’hostilité visant les équipes engagées dans la riposte contre la maladie à virus Ebola inquiète les défenseurs des droits humains à Butembo. Le Réseau pour les Droits de l’Homme, REDHO, condamne fermement ces attaques et appelle à une prise de conscience collective alors que la ville fait toujours face à la circulation du virus. Dans un communiqué rendu public ce mardi 12 août 2026 à Butembo, cette organisation de défense des droits humains dénonce la résistance de certaines personnes aux mesures de riposte et demande aux autorités de renforcer la protection des équipes sanitaires afin qu’elles puissent accomplir leur mission dans de bonnes conditions.
Pour le REDHO, les actes dirigés contre les équipes de la riposte ne constituent pas seulement une menace pour les intervenants sanitaires. Ils risquent également de compromettre les efforts déployés pour contenir la maladie et protéger l’ensemble de la communauté. L’organisation invite ainsi la population à privilégier la collaboration avec les équipes médicales, à respecter les mesures barrières et à éviter tout comportement susceptible d’entraver les opérations de surveillance, de prise en charge ou de prévention.
« Nous condamnons avec la dernière énergie les attaques répétitives dirigées contre les équipes qui sont engagées dans la riposte contre Ebola. Ces actes sont préoccupants parce qu’ils mettent en danger non seulement les personnes qui travaillent dans la riposte, mais aussi toute la communauté. Nous appelons donc la population à prendre conscience de la gravité de la situation et à comprendre que la lutte contre cette maladie nécessite la participation de tous. Les mesures barrières doivent être respectées et les équipes sanitaires doivent pouvoir travailler sans n’être agressées ni empêchées dans l’exercice de leur mission », souligne le REDHO dans son communiqué rendu public à Butembo.
L’organisation de défense des droits humains appelle également les services de sécurité et les autorités judiciaires à ne pas laisser ces incidents sans suite. Elle souhaite que des enquêtes soient diligentées afin d’identifier les personnes impliquées dans les attaques et que les responsabilités soient établies conformément à la loi. Pour le REDHO, la lutte contre Ebola ne peut être efficace dans un climat de violence ou de méfiance entre les communautés et les équipes de riposte.
« Nous demandons également aux services de l’ordre de diligenter des enquêtes sérieuses afin que les auteurs de ces actes puissent être identifiés et, s’il y a lieu, poursuivis et sanctionnés conformément à la loi. Il est important que la population comprenne que la riposte contre Ebola est une question de santé publique qui concerne tout le monde. La collaboration avec les équipes sanitaires, le respect des mesures de prévention et la protection des agents engagés sur le terrain doivent rester des priorités si nous voulons mettre fin à cette maladie qui continue à faire des victimes », poursuit le Réseau pour les Droits de l’Homme, REDHO, dans son communiqué.
Cette prise de position intervient dans un contexte où les opérations de riposte à Ebola font face à plusieurs difficultés, notamment les résistances communautaires et les incidents visant certains intervenants. Pour les défenseurs des droits humains, la réponse à cette situation doit combiner sensibilisation, dialogue avec les communautés et application de la loi lorsque des actes délibérés mettent en danger les équipes ou la population.
Le REDHO invite enfin les habitants de Butembo à ne pas céder à la désinformation et à privilégier les informations provenant des services sanitaires compétents. L’organisation estime que la mobilisation communautaire demeure indispensable pour renforcer la prévention, favoriser la prise en charge rapide des cas suspects et contribuer à l’arrêt de la propagation de la maladie.
Reportage Esperanza Sindani, depuis Butembo