Butembo : le psychologue Kambale Kisuki appelle à une prise en charge des traumatismes liés aux conflits armés dans l'Est de la RDC

Butembo : le psychologue Kambale Kisuki appelle à une prise en charge des traumatismes liés aux conflits armés dans l'Est de la RDC

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Ghislain Lukambo

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Alors que les populations de l'Est de la République démocratique du Congo continuent de subir les conséquences des massacres attribués aux rebelles ADF et des violences perpétrées par d'autres groupes armés, les séquelles psychologiques des victimes demeurent une urgence souvent sous-estimée. À Butembo, le psychologue Kambale Kisuki, du Centre de psychologie et d'intervention en santé mentale (CEPIMA) Ngandi Lama, plaide pour un accompagnement psychologique renforcé des déplacés de guerre et des survivants des violences.

Depuis plusieurs années, les conflits armés qui secouent les provinces de l'Est du pays ont provoqué des déplacements massifs de populations et causé d'importantes pertes en vies humaines. Au-delà des destructions matérielles et des besoins humanitaires, de nombreuses victimes vivent avec des traumatismes psychologiques qui affectent profondément leur santé mentale et leur capacité à reprendre une vie normale.

Selon Kambale Kisuki, les personnes ayant été témoins ou victimes d'attaques armées développent fréquemment des troubles psychologiques tels que le stress post-traumatique, l'anxiété chronique, la dépression, les troubles du sommeil, les cauchemars récurrents, le repli sur soi ou encore la perte d'espoir. Ces souffrances, souvent invisibles, nécessitent une prise en charge spécialisée pour favoriser leur rétablissement.

« Les blessures psychologiques sont parfois plus profondes que les blessures physiques. Beaucoup de déplacés de guerre et de survivants des violences vivent avec des traumatismes importants qui se manifestent par la peur permanente, l'anxiété, les cauchemars, la dépression ou encore des difficultés à reprendre une vie normale. Ces personnes ont besoin d'un accompagnement psychologique adapté afin de retrouver progressivement leur équilibre émotionnel et de reconstruire leur vie. La santé mentale doit être considérée comme une priorité au même titre que les autres besoins humanitaires », explique Kambale Kisuki, psychologue au CEPIMA Ngandi Lama.

Le spécialiste souligne que le soutien psychologique ne doit pas reposer uniquement sur les professionnels de la santé mentale. Il appelle également les familles, les leaders communautaires, les responsables religieux, les organisations humanitaires et les autorités à créer un environnement favorable à l'écoute, à la solidarité et à la réinsertion sociale des personnes affectées par les conflits. Selon lui, les victimes ont besoin d'être accueillies sans jugement, écoutées avec bienveillance et orientées vers des structures compétentes lorsqu'elles présentent des signes de détresse psychologique. Une telle approche permettrait de réduire les risques d'isolement, de désespoir et de marginalisation.

« La reconstruction d'une personne traumatisée est un travail collectif. Les familles, les communautés, les églises, les écoles, les organisations humanitaires et les autorités doivent unir leurs efforts pour accompagner les victimes. Écouter une personne, lui témoigner de la compassion et l'encourager à consulter un professionnel peuvent déjà constituer une étape importante vers sa guérison. Nous devons lutter contre la stigmatisation des troubles psychologiques et promouvoir une véritable culture de solidarité envers les personnes affectées par les conflits », insiste Kambale Kisuki.

Face à la persistance de l'insécurité dans l'Est de la RDC, les spécialistes de la santé mentale rappellent que la prise en charge psychosociale constitue un élément essentiel de la réponse humanitaire. Ils plaident pour le renforcement des services de santé mentale dans les zones touchées par les conflits afin d'aider les survivants à surmonter leurs traumatismes et à retrouver des conditions de vie dignes.

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