Butembo : le psychologue Fidèle Louange appelle les victimes de la guerre et d’Ebola à bénéficier d’un accompagnement psychologique

Butembo : le psychologue Fidèle Louange appelle les victimes de la guerre et d’Ebola à bénéficier d’un accompagnement psychologique

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Moïse Ndungo

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À Butembo, les séquelles des violences liées aux conflits armés et des crises sanitaires peuvent dépasser largement les blessures physiques. Les personnes ayant vécu des atrocités liées à la guerre ou ayant été affectées par des épidémies comme Ebola peuvent conserver de profondes blessures psychologiques. Le psychologue Fidèle Louange, du Centre psychiatrique Tous Saints Santé mentale, appelle ainsi la communauté à leur offrir un accueil chaleureux, respectueux et empreint de compassion afin de favoriser leur rétablissement et leur réintégration sociale.

Dans une interview accordée à la RTEE Kivu ce lundi 24 août 2026, le psychologue Fidèle Louange souligne que les conséquences des conflits et des crises sanitaires ne se limitent pas aux traumatismes physiques. Les personnes ayant été directement ou indirectement confrontées à des événements violents peuvent développer des souffrances psychologiques qui nécessitent une attention particulière.

Selon lui, certaines victimes peuvent notamment éprouver des difficultés à reprendre une vie normale après avoir été exposées à des événements traumatisants. Dans ce contexte, l’attitude de l’entourage joue un rôle important dans le processus de rétablissement.

« Lorsqu’une personne a vécu les atrocités de la guerre, des violences ou encore une situation liée à une épidémie comme Ebola, il ne faut pas regarder uniquement les blessures visibles. Il existe également des blessures psychologiques qui peuvent être profondes et qui ne se voient pas forcément. Ces personnes peuvent avoir besoin de temps, d’écoute et surtout d’un accompagnement adapté pour retrouver progressivement leur équilibre. C’est pourquoi nous demandons à la communauté de les accueillir avec beaucoup de respect et de compassion. Il faut éviter de les juger, de les stigmatiser ou de les considérer comme des personnes différentes. Au contraire, elles ont besoin de sentir qu’elles appartiennent toujours à leur communauté et qu’elles peuvent compter sur leur entourage dans leur processus de rétablissement. », explique Fidèle Louange.

Le psychologue insiste ainsi sur la nécessité de créer autour des victimes un environnement favorable à leur réintégration. Pour lui, la famille, les voisins, les responsables communautaires et les autres membres de la société ont tous un rôle à jouer dans l’accompagnement des personnes ayant subi des traumatismes. L’écoute et la compréhension peuvent notamment contribuer à réduire le sentiment d’isolement et permettre aux victimes de reprendre progressivement leurs activités sociales.

« Nous encourageons les familles et toute la communauté à faire preuve de patience et de compréhension envers les personnes qui ont traversé ces situations difficiles. Il ne faut pas minimiser leur souffrance ni leur demander simplement d’oublier ce qu’elles ont vécu. Certaines blessures prennent du temps à cicatriser. Il faut donc les écouter, les respecter et les accompagner. Lorsque cela est nécessaire, il faut également les orienter vers des professionnels capables de leur apporter un soutien psychologique approprié. La réintégration est plus facile lorsque la personne se sent acceptée, comprise et protégée par son entourage. », poursuit le psychologue.

Cette sensibilisation intervient dans un contexte où les populations de l’Est de la RDC restent exposées à différentes formes de violences et à des crises sanitaires susceptibles d’avoir des répercussions sur leur bien-être psychologique.

Pour Fidèle Louange, la prise en charge des victimes doit donc intégrer à la fois les besoins physiques et psychologiques. Une attention particulière doit également être accordée à la lutte contre la stigmatisation, afin de permettre aux personnes affectées de retrouver leur place au sein de la communauté.

Dossier Moïse Ndungo, depuis Butembo

Tags : # Actualité # Nord-Kivu # RDC

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