Le sel provenant du lac Katwe, communément appelé « Kighuntura », largement utilisé dans certains ménages pour ramollir les aliments lors de la cuisson, suscite des inquiétudes sur le plan nutritionnel. Le nutritionniste Paluku Musavuli Georges appelle la population de Butembo à la modération dans l’utilisation de ce produit, particulièrement lorsqu’il est employé en grande quantité. Dans une interview exclusive accordée à la RTEE Kivu, le spécialiste explique que l’utilisation excessive de certains produits ajoutés aux aliments peut avoir des conséquences sur la santé.
Il recommande ainsi aux ménages de privilégier une utilisation modérée du sel de Katwe et du bicarbonate afin de préserver autant que possible les qualités nutritionnelles des aliments. D’entrée de jeu, le nutritionniste revient sur les différents usages du sel de Katwe, également appelé Kighuntura, et du bicarbonate. Bien que ces deux produits puissent être utilisés dans certaines préparations culinaires pour faciliter notamment le ramollissement des aliments, il souligne qu’ils ne sont pas pour autant identiques.
« Le sel de Katwe, que la population appelle communément Kighuntura, et le bicarbonate peuvent être utilisés dans la préparation de certains aliments, notamment pour faciliter leur cuisson et leur ramollissement. Mais il est important de ne pas les considérer comme étant exactement le même produit. Leurs propriétés et leurs compositions ne sont pas identiques. C’est pourquoi les ménages doivent être prudents dans leur utilisation et éviter d’en mettre des quantités excessives dans les aliments », explique le nutritionniste Paluku Musavuli Georges.
Le spécialiste met particulièrement en garde contre la consommation abusive de ces produits. Selon lui, leur utilisation en grande quantité peut exposer les consommateurs à différents problèmes de santé, notamment lorsque les apports en sodium deviennent trop importants. Il évoque notamment des risques liés à l’hypertension artérielle ainsi que certains troubles digestifs. Le nutritionniste appelle donc les consommateurs à adopter des pratiques culinaires plus modérées et à éviter de considérer ces produits comme indispensables à la préparation des aliments.
« Nous devons éviter l’abus. Même lorsqu’un produit est utilisé dans la cuisine pour faciliter la préparation des aliments, cela ne signifie pas qu’il faut en mettre beaucoup. Une consommation excessive peut avoir des conséquences sur la santé, notamment favoriser certains problèmes comme l’hypertension artérielle et des troubles digestifs. Notre conseil aux consommateurs est donc de faire preuve de modération et d’utiliser ces produits uniquement dans les quantités nécessaires », recommande Paluku Musavuli Georges.
Le nutritionniste conseille par ailleurs aux ménages de privilégier des méthodes de cuisson permettant de conserver au mieux les nutriments naturellement présents dans les aliments. Pour lui, l’objectif doit être de préserver la valeur nutritionnelle des repas tout en limitant l’ajout excessif de produits destinés à accélérer ou faciliter la cuisson.
Il appelle également à davantage de sensibilisation de la population sur les habitudes alimentaires, estimant que les choix effectués quotidiennement dans les ménages peuvent avoir une incidence importante sur la santé à long terme.
À Butembo, le sel du lac Katwe, autrefois largement utilisé dans les ménages sous le nom de Kighuntura, semble par ailleurs perdre progressivement du terrain au profit du bicarbonate. Ce dernier est désormais davantage utilisé par certains consommateurs pour les mêmes besoins culinaires.
Face à cette évolution, les spécialistes de la nutrition recommandent surtout aux ménages de rester attentifs aux quantités utilisées et de privilégier une alimentation équilibrée.
ESPERANZA SINDANI, pour la RTEE Kivu.