Butembo : le manque de toilettes publiques favorise les urinoirs de fortune et inquiète les professionnels de santé

Butembo : le manque de toilettes publiques favorise les urinoirs de fortune et inquiète les professionnels de santé

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Ghislain Lukambo

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L'absence de toilettes et d'urinoirs publics fonctionnels dans la ville de Butembo pousse de nombreux habitants à se soulager dans des espaces improvisés, souvent à proximité des voies publiques. Cette pratique, conjuguée à la fréquentation de toilettes insalubres, constitue un véritable risque pour la santé publique, alerte le Dr Mumbere Muyisa Skoda, médecin traitant au Centre hospitalier Mama Musahi.

Dans plusieurs quartiers de Butembo, il n'est pas rare d'observer des personnes utilisant des bosquets, des chantiers abandonnés, des ruelles ou encore le pied des arbres comme urinoirs de fortune. Ces lieux, devenus des points de soulagement improvisés, sont fréquentés quotidiennement en raison de l'absence d'infrastructures sanitaires accessibles au centre-ville.

Interrogés à proximité de l'un de ces sites, situé près de l'Institut technique agricole et vétérinaire (ITAV), plusieurs passants reconnaissent que cette pratique est contraire aux règles d'hygiène, mais affirment ne pas avoir d'autre alternative lorsqu'ils sont confrontés à un besoin physiologique urgent. Ils plaident pour la construction de toilettes publiques afin de mettre fin à une situation qu'ils qualifient de problème de santé publique.

Selon le Dr Mumbere Muyisa Skoda, l'utilisation de toilettes mal entretenues ou le contact avec des surfaces contaminées favorisent la transmission de nombreuses maladies, notamment des infections urinaires et génitales, des maladies diarrhéiques ainsi que d'autres infections d'origine bactérienne ou virale.

« Les toilettes insalubres et les urinoirs improvisés constituent un environnement propice à la prolifération des bactéries, des virus et d'autres germes pathogènes. Le risque de contamination est réel, surtout lorsque les règles élémentaires d'hygiène ne sont pas respectées. Il est fortement déconseillé d'utiliser des installations mal entretenues lorsque cela peut être évité. La meilleure protection reste le lavage systématique des mains avec de l'eau propre et du savon après chaque passage aux toilettes », explique le Dr Mumbere Muyisa Skoda, médecin traitant au Centre hospitalier Mama Musahi.

Le praticien rappelle que l'amélioration de l'assainissement constitue un élément essentiel de la prévention des maladies infectieuses. Il invite les autorités locales à intégrer la construction et l'entretien des toilettes publiques dans les politiques d'hygiène urbaine afin de réduire les risques sanitaires auxquels la population est quotidiennement exposée.

Parmi les lieux régulièrement utilisés comme urinoirs de fortune figurent notamment les abords de l'ITAV, une ruelle derrière l'école primaire Tsaka Tsaka, un passage situé près de la morgue du Centre hospitalier Wanamahika, le bosquet de l'Évêché, certains coins du stade Matokeo, les abords de plusieurs parkings de motos-taxis ainsi que des espaces proches de différents services publics. Ces pratiques alimentent les inquiétudes des habitants, qui dénoncent la dégradation du cadre de vie et les nuisances liées aux mauvaises odeurs.

« La construction de toilettes publiques propres, accessibles et régulièrement entretenues est devenue une nécessité pour Butembo. Il ne s'agit pas seulement d'une question de confort, mais d'un véritable enjeu de santé publique. En parallèle, chaque citoyen doit adopter de bonnes pratiques d'hygiène, notamment le lavage des mains, afin de limiter la propagation des maladies liées au manque d'assainissement », conclut le Dr Mumbere Muyisa Skoda.

Les professionnels de santé estiment que la lutte contre les maladies liées à l'insalubrité passe à la fois par un investissement accru des autorités dans les infrastructures sanitaires publiques et par une sensibilisation continue de la population aux bonnes pratiques d'hygiène.

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