À Butembo, la déclaration de la Lucha sur la gestion de la riposte contre la maladie à virus Ebola continue de susciter des réactions. Achilles Makelele, jeune leader engagé dans les questions de santé publique et communautaire, juge légitimes les inquiétudes exprimées par le mouvement citoyen, tout en rappelant que la responsabilité première de la riposte incombe à l’État congolais.
Pour cet acteur communautaire, la lutte contre Ebola doit avant tout garantir la protection effective des populations. Il estime que les préoccupations soulevées par la Lucha, notamment sur la gestion des ressources et la communication autour de l’épidémie, méritent d’être prises en considération dans une démarche visant à renforcer la confiance entre les communautés et les équipes de riposte.
Achilles Makelele rappelle toutefois que la conduite de la riposte relève en premier lieu du gouvernement congolais, à travers le ministère de la Santé. Les partenaires techniques et sanitaires interviennent, selon lui, principalement en appui aux efforts de l’État, notamment à travers la mobilisation des ressources, l’expertise, la logistique et la prise en charge.
Au-delà de la responsabilité institutionnelle, ce jeune leader insiste sur l’implication de la population. Il estime qu’une riposte efficace ne peut être construite sans la participation des communautés et appelle les habitants à collaborer avec les équipes sanitaires :
« L’interpellation de la Lucha sur la manière dont la riposte contre Ebola est conduite est légitime, parce que toute intervention de santé publique doit avant tout avoir comme objectif la protection effective des communautés. Mais il faut aussi rappeler que la responsabilité première de cette riposte revient à l’État congolais, à travers le ministère de la Santé. Les partenaires sanitaires et techniques sont là pour accompagner l’État, notamment en apportant des ressources, de l’expertise, de la logistique et différents mécanismes de prise en charge. Il est donc important que chacun joue son rôle et que la responsabilité de la conduite de la riposte reste clairement établie. En même temps, nous devons comprendre qu’aucune riposte ne peut réussir si la population elle-même n’est pas suffisamment impliquée. À Butembo, comme dans les autres communautés touchées ou exposées, la confiance, l’écoute et la participation de la population sont aussi importantes que les moyens financiers et techniques. Nous devons donc éviter le déni de la maladie, respecter les mesures barrières et collaborer avec les équipes qui travaillent sur le terrain. Les communautés doivent également pouvoir poser des questions et exprimer leurs préoccupations, tandis que les responsables de la riposte doivent apporter des réponses claires et transparentes. C’est cette relation de confiance qui permettra de renforcer la surveillance, de faciliter le suivi des contacts et des cas confirmés et, surtout, de protéger efficacement la population. La lutte contre Ebola doit donc être une responsabilité partagée, avec l’État en première ligne et une population pleinement engagée aux côtés des équipes sanitaires », souligne Achilles Makelele.
Cet appel intervient au lendemain de la prise de position de la Lucha, section de Butembo, qui a exprimé, mercredi 26 août, des inquiétudes concernant notamment la gestion des fonds alloués à la riposte contre Ebola.
Le mouvement citoyen a également soulevé des préoccupations relatives à la communication autour de l’épidémie, aux actions de prévention ainsi qu’au suivi et au contrôle des cas contacts et des cas confirmés.
Pour Achilles Makelele, ces préoccupations devraient plutôt contribuer à ouvrir un dialogue constructif entre les autorités sanitaires, les partenaires de la riposte et les communautés, avec pour priorité la protection des populations et le renforcement de la confiance.
Ange Kavuya depuis Butembo